Affaire Bygmalion : pour Jérôme Lavrilleux, Nicolas Sarkozy "ment" et "n'assume pas"

Politique
ENQUÊTE - Dans une interview à "L'Obs" à paraître jeudi 15 octobre, le député européen (LR) Jérôme Lavrilleux dénonce l'attitude de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bygmalion, l'accusant de "se défausser" et de "ne pas assumer". Et réhabilite un peu… Jean-François Copé.

Jérôme Lavrilleux en chevalier blanc de l'affaire Bygmalion. Le député européen, mis en examen dans cette affaire de fausses factures durant la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, ne retient plus ses coups contre l'ancien président de la République.

Dans une interview à paraître jeudi dans L'Obs , l'ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé accuse Nicolas Sarkozy de "se défausser" et de "ne pas assumer ses responsabilités" dans l'affaire. Et dézingue au passage la stratégie de défense de l'actuel patron des Républicains. "Les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé", assène-t-il, "et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire 'Bygmalion', mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy".

"Il vit dans un monde irréel"

Le député européen va beaucoup plus loin : "Il n’y a que Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire ne concerne pas sa campagne. […] Il adopte le même dans toutes les affaires où il est entendu : 'C’est pas moi, c’est l’autre'. Dans Bygmalion, il dit 'c’est pas moi, c’est Copé'. Il se défausse, il vit dans un monde irréel et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L’ingratitude est la marque des faibles". Et d'ajouter : "Nicolas Sarkozy ment".

S'acharnant sur sa proie, Jérôme Lavrilleux juge, plus généralement, que "l’erreur majeure de Nicolas Sarkozy est d’avoir pris pour mener sa campagne des gens qui le traitaient en fait comme un président de la République, dont les désirs étaient des ordres".

Il se sent menacé et défend Copé

Le proche de Jean-François Copé explique aussi dans cette interview "avoir peur" parfois. "Je n’ai pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin" [référence au ministre retrouvé mort en octobre 1979 dans un étang, ndlr]. "J’ai dit à mes proches que si un jour j’avais un accident de voiture, il faudrait faire une expertise. C’était de l’humour noir, quoique", lâche-t-il.

Enfin, Jérôme Lavrilleux réhabilite Jean-François Copé, quelqu'un qui "ne lâche pas les gens" et qu'il voit toujours "une ou deux fois par mois". Selon lui, le maire LR de Meaux compterait suffisamment de soutiens (plus que François Fillon, en tout cas) pour se présenter à la primaire des Républicains en 2016. Clairement visé, Nicolas Sarkozy a, lapidaire, évacué le sujet. "Je n'attache aucune importance et aucune crédibilité à ces propos", a commenté l'ancien chef de l'Etat, jeudi soir, au micro de BFM TV .

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