Affaire Copé-Bygmalion : les "Byg" factures font les bons amis

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POLITIQUE - De nouveaux soupçons de surfacturation planent sur l'UMP. Selon Libération, le parti aurait réglé, durant la campagne de Sarkozy, 20 millions d'euros à une filiale de Bygmalion, l'agence de communication dirigée par des proches de Jean-François Copé. Des factures exorbitantes pour des prestations présumées fictives...

"Ce sont des francs CFA ?" La réaction d'un ancien ministre UMP en dit long sur le chiffre publié ce jeudi par Libération. Dans une enquête intitulée "UMP, des comptes à dormir debout", le journal révèle que le parti de droite aurait déboursé quelque 20 millions d'euros, entre janvier et juin 2012, à la société de communication Bygmalion, dirigée par des proches de Jean-François Copé. Un montant colossal pour des événements généreusement rétribués et dont l'existence resterait à prouver.

Libération explique en effet avoir eu accès aux factures réglées par l'UMP à Event&Cie, filiale de Bygmalion chargée de l'événementiel sur la période couvrant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Cette filiale fait actuellement l'objet d'une enquête préliminaire pour faux, abus de biens sociaux et abus de confiance. Outre les meetings de campagne (5,6 millions d'euros), elle a surtout organisé 55 "conventions" pour 12,7 millions d'euros. Des opérations monstres qui semblent pourtant avoir laissé peu de souvenir aux principaux intéressés. Ainsi, le 30 mai 2012, soit trois semaines après la défaite de Nicolas Sarkozy, "une conférence sur l'accès au crédit" est organisée. Coût de l'opération : 299.000 euros. Problème, Pierre Lellouche, censé en être le principal intervenant, ne s'en souvient pas. "Je suis tout à fait étonné (...) En plus le crédit n'est pas du tout mon thème de prédilection", confesse le député au quotidien qui s'étrangle lorsqu'on lui détaille le montant des frais de traiteur (21.000 euros), de vidéo (72.000 euros) ou encore de son et lumière (66.000 euros).  

680.000 euros pour "un non-événement"

Autre conférence trouble, le 14 avril 2012, salle Gaveau. Thème de la manifestation payée par l'UMP une semaine avant le premier tour : La France avec les printemps africains - Regards croisés. La note est salée : 680.000 euros pour un dispositif des grands soirs qui a rassemblé moins de 200 personnes autour de Jean-François Copé. "De mon point de vue, ce fut un non-événement", commente même au quotidien Frédéric Lejeal, rédacteur en chef de la lettre du continent qui traite de l'actualité de l'Afrique de l'Ouest et qui n'y a pas consacré une seule ligne...

Au sein du parti, "les cadres interrogés sursautent, voire s'étouffent, à l'énoncé des montants". Ces 55 conventions ont-elles réellement existé ?, s'interroge Libération. Si Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé, affirme en avoir les preuves, il ne souhaite pas les fournir au quotidien, qui évoque l'hypothèse de "frais de campagne déguisés". L'avocat de Bygmalion, Me Patrick Maisonneuve conteste de son côté "toute accusation de surfacturation" et "toute rétrocommission". En février 2014, Le Point avait déjà affirmé que Jean-François Copé avait favorisé Bygmalion, fondée par deux de ses proches, Bastien Millot et Guy Alvès. Et tandis que la petite entreprise ne connaissait pas la crise, le parti de droite avait dû faire appel à ses sympathisants pour renflouer les 11 millions d'euros manquants après l'invalidation des comptes du candidat Sarkozy...

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