"Ça va devenir compliqué" : la majorité cache de moins en moins son embarras face à l'affaire Darmanin

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MALAISE - La nouvelle plainte pour abus de faiblesse contre Gérald Darmanin plonge le gouvernement dans l’embarras. Si personne au sein de la majorité n’ose réclamer sa démission, certains de ses membres concèdent que la situation ne sera pas tenable si ce climat d’affaires ne cesse pas rapidement.

Les jours de Gérald Darmanin au sein du gouvernement sont-ils comptés ? S’il est trop tôt pour le dire, les déclarations des membres de la majorité laissent en tout cas entrevoir un malaise grandissant au sein du gouvernement, après le dépôt d’une nouvelle plainte pour abus de faiblesse visant le ministre de l’Action et des Comptes publics, et ce, en dépit du classement sans suite de la plainte pour "viol" qui le visait dans un premier temps.

Plus de "confiance" mais "respect de la parole et de la présomption d'innocence"

Fin janvier, après la révélation de la première plainte visant Gérald Darmanin, Edouard Philippe n’avait pas hésité à afficher son soutien au jeune ministre, Matignon faisant alors savoir qu’il avait "toute la confiance" du Premier ministre. Un mot qui a aujourd’hui disparu des déclarations des ministres ou des parlementaires LREM. 


A présent, le Premier ministre appelle à respecter "la parole du plaignant comme la présomption d'innocence" même s’il réaffirme la position selon laquelle un ministre peut rester au gouvernement tant qu'il n'est pas mis en examen. "Oui, on ne dit plus le mot 'confiance'. Le réaffirmer, ce serait compliqué, personne ne sait ce qui va se passer. Désormais, nous parlons de respect de la parole et de présomption d’innocence", décrypte pour LCI un membre de la majorité.

"On est tous emmerdés"

Ces nouveaux éléments de langage, concoctés depuis l’Elysée, ont été repris ce jeudi matin quasiment mot pour mot par Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement. "Il faut évidemment respecter la parole des plaignantes, et des douleurs qui peuvent  être révélées dans le cadre de ces mises en cause, mais elles ne valent pas mise en examen". Même chose pour la secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, jeudi 15 février sur BFM.


Embarrassés, certains membres du gouvernement ne se donnent pas même cette peine, préférant botter directement en touche. "Je me suis donnée une ligne de conduite : c'est de ne pas commenter tout ce qui a une relation avec la justice. J'ai de l'amitié pour Gérald Darmanin depuis que je le connais au sein de ce gouvernement mais je ne commenterai absolument pas la situation", a déclaré le même jour à LCI la secrétaire d'État auprès de la Ministre des Armées, Géneviève Darrieussecq.


 Et à la question de savoir si cette situation pourrait déstabiliser le gouvernement, cette proche de François Bayrou se refuse à nouveau à tout commentaire. Ce n’est qu’en off que les langues se délient un peu. "On est tous emmerdés", confie à LCI un membre de la majorité, qui déplore "un climat préjudiciable" à l’action du gouvernement. Si les révélations se poursuivent, "ça va devenir compliqué".


Le classement sans suite de la plainte pour "viol par surprise", vendredi 16 février, offre-t-elle une bulle d'air à la majorité ? Pas si sûr. De Matignon au porte-parolat du gouvernement, on a prudemment refusé de saluer la décision, se contentant d'un très sobre : "Nous laissons la justice faire son travail".

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