Affaire des assistants parlementaires FN : l'Europe réclame 339.000 euros à Marine Le Pen

Affaire des assistants parlementaires FN : l'Europe réclame 339.000 euros à Marine Le Pen
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FRAUDE - L’office européen de lutte antifraude (Olaf) soupçonne Marine Le Pen d’avoir embauché, entre 2010 et 2016, deux assistants parlementaires aux frais du contribuable européen alors qu’ils travaillaient pour le compte du parti frontiste. Le montant du préjudice est estimé à 339.000 euros.

Nouveau rebondissement dans le dossier des assistants parlementaires frontistes. Selon Marianne et Mediapart, l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) a demandé en août au Parlement européen de lancer une procédure de recouvrement à l’encontre de Marine Le Pen concernant l’emploi de deux collaborateurs, Catherine Griset et Thierry Légier. L’organisme de contrôle de l’Union européenne soupçonne la présidente du Front national de les avoir salariés en tant qu'assistants parlementaires alors qu’ils travaillaient pour le compte du parti, et donc d’avoir indûment perçu aux frais des contribuables européens la somme de 339.000 euros.


Selon les informations de Marianne et de Mediapart, la présidente du FN, prévenue du lancement de cette procédure, bénéficie de quelques jours pour se justifier auprès du secrétariat général du Parlement européen. Si elle ne le fait pas, elle devra régler la somme qui lui est demandée. Ces 339.000 euros correspondent aux salaires versés à Catherine Griset et Thierry Légier entre 2010 et 2016. 

Des emplois au sein du parti incompatibles avec des emplois au Parlement

Quelques dizaines de milliers d’euros correspondraient à la rétribution du second, embauché pendant quelques mois à la fin de l’année 2011 comme assistant local de l'eurodéputée Marine Le Pen dans son fief d'Hénin-Beaumont. Or, Thierry Légier, ex-garde du corps de Jean-Marie Le Pen, assurait dans le même temps la protection au quotidien de la présidente du FN. Le reste des 339.000 provient du salaire versé à Catherine Griset, vieille amie et ex-belle-sœur de la fille de Jean-Marie Le Pen. Elle devait assister la présidente du FN dans l’exercice de son mandat à Bruxelles et Strasbourg. Mais ce qui interpelle l’Olaf, ce sont les responsabilités qu'exerçait cette dernière au même moment au siège du FN. En février 2015, elle a en effet été promue chef de cabinet de Marine Le Pen et a géré son secrétariat.

"La liberté même du mandat" de Marine Le Pen mise en cause selon son avocat

L'avocat de Marine Le Pen, Maître Marcel Ceccaldi, dénonce dans Marianne une "manœuvre" et une "tartufferie" : "Comment voulez-vous segmenter le travail des assistants d'un député et découper en tranche de chronomètre ses activités, a fortiori lorsqu'il s'agit de la présidente d'une formation politique de premier plan ?, tonne-t-il. Est-ce que l’exécutif du Parlement a le droit et le pouvoir de contrôler l’activité des assistants en demandant un mémoire sur leur travail ? C’est la liberté même du mandat qui est en cause."


Cette affaire s'inscrit dans le cadre plus large de "l'affaire des assistants parlementaires FN". L’Olaf épluche les activités des eurodéputés FN et de leurs employés depuis le début de l'année 2015. Tout a débuté avec les soupçons du président du Parlement, l'Allemand Martin Schulz,  qui s'étonnait de voir une vingtaine d'assistants frontistes bénéficier en parallèle d'une fonction dans l'organigramme du parti. 

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Vidéo du 17/02/2016. Enquête sur les assistants parlementaires : le siège du FN perquisitionné

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