Affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy : mais de quoi parle-t-on ?

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AFFAIRE - L'ancien président de la République est renvoyé devant le tribunal correctionnel dans le cadre de l'affaire des écoutes téléphoniques. Une histoire qui mêle plusieurs protagonistes et... plusieurs affaires. LCI fait le point.

Après avoir été mis en examen dans l'affaire du financement libyen, Nicolas Sarkozy va être renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris dans le cadre de l'affaire des écoutes téléphoniques, selon des informations du journal Le Monde confirmées par l'AFP. Il est renvoyé pour "corruption active" et "trafic d'influence". Une affaire qui remonte à 2014. On vous réexplique cette affaire extrêmement complexe. 

Qui sont les protagonistes ?

Ils sont trois à être dans le viseur des enquêteurs. D'abord, l'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy qui, dans cette affaire, utilisait le pseudonyme de Paul Bismuth, craignant d'être mis sur écoutes téléphoniques. Une crainte justifiée, puisqu'au moment où explose l'affaire, à la fin de l'hiver 2014, c'est depuis septembre 2013 que ce dernier est écouté par la justice, qui le soupçonne d'avoir fait financer sa campagne présidentielle 2007 par des fonds libyens. Dans cette affaire, il est accompagné de son avocat, Me Thierry Herzog, ainsi que du haut magistrat de la Cour de Cassation Gilbert Azibert.

Que leur reproche la justice ?

Les écoutes téléphoniques permettent aux enquêteurs de lever un lièvre inattendu. Il apparaît, à l'écoute, que Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog cherchent à obtenir des informations sur ce que la Cour de cassation comptait faire des agendas de l'ex-Président dans le cadre d'une ancienne histoire, l'affaire Bettencourt. Il avait été mis en examen en 2013 pour "abus de faiblesse" à l'encontre de la richissime héritière de L'Oréal - affaire pour laquelle il obtiendra un non-lieu en octobre 2013. En échange de ces renseignements, Gilbert Azibert se serait vu proposer un poste prestigieux à Monaco. Pour cela, Nicolas Sarkozy a été mis en examen. Malgré ses contestations, ces écoutes ont été validées par la cour de Cassation en mars 2016. 

En vidéo

Affaire Bettencourt : non-lieu pour Nicolas Sarkozy

Que risque Sarkozy ?

Mis en examen pour corruption active, trafic d'influence actif et recel de violation du secret professionnel, Nicolas Sarkozy risque gros. Le trafic d'influence consiste pour une personne dépositaire de l'autorité publique, à utiliser son influence en échange de toute forme d'avantage, est punissable de dix ans d'emprisonnement et d'un million d'euros amende. Etre reconnu coupable de corruption active peut valoir à l'auteur de ce délit une peine de 10 ans de prison et 150.000 euros d'amende. Enfin, le recel de violation du secret professionnel peut valoir à son auteur une peine de cinq ans de prison et une amende de 375.000 euros.

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