Affaire des "écoutes" : "Je ne peux accepter d’avoir été condamné pour ce que je n’ai pas fait", déclare Nicolas Sarkozy

L'ex-président a été reconnu coupable de corruption dans l'affaire dite des "écoutes". Il a été condamné à trois ans de prison dont un an ferme. Pourquoi cette condamnation est-elle historique ? Analyse d'Adrien Gindre, chef du service politique de TF1.

JUSTICE - Dans une interview au "Figaro", l'ancien chef de l'État condamné à trois ans d'emprisonnement dont un an ferme pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire des "écoutes", se dit victime d'une "profonde injustice". Il menace de poursuivre son combat devant la Cour européenne des droits de l'homme.

Pas de colère mais "l’injustice profonde, choquante, des procédures lancées contre moi depuis dix ans". Voilà ce qu'a ressenti Nicolas Sarkozy lundi soir, après avoir été condamné à trois ans d'emprisonnement dont un an ferme pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire des "écoutes". Dans une interview au Figaro publiée ce mardi 2 mars, l'ancien chef de l'État explique que le jugement "constitue une profonde injustice que personne ne pourrait admettre. Je ne peux en effet accepter d’avoir été condamné pour ce que je n’ai pas fait".

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Affaire des "écoutes" : Nicolas Sarkozy condamné en première instance

"L’immense majorité des observateurs a évoqué un effondrement de l’accusation et a dit que la défense avait apporté la preuve de l’innocence des trois prévenus. Or, le jugement ne tient aucun compte de la réalité de l’audience", déclare-t-il. Selon Nicolas Sarkozy, "le jugement ne fait pas état de preuves, mais d’un 'faisceau d’indices", il est "truffé d'incohérences".

"Je suis fier que Thierry Herzog assume ma défense"

C'est pourquoi il menace de poursuivre son combat devant la Cour européenne des droits de l'Homme : "J’ai fait appel de la décision, peut-être faudra-t-il que ce combat s’achève devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). Ce serait pour moi une souffrance que d’avoir à faire condamner mon propre pays, mais j’y suis prêt, car ce serait le prix de la démocratie", annonce l'ancien président de la République. Il explique ensuite ce qui lui permettrait de mener l'affaire devant cette institution : "Je vous renvoie à la jurisprudence de la CEDH : il suffit qu’un justiciable puisse suspecter que son juge n’est pas impartial pour qu’il puisse réclamer qu’il se déporte. Au vu de cette jurisprudence, la question de la partialité de certains magistrats peut se poser." 

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Nicolas Sarkozy sera de nouveau devant la justice le 17 mars prochain, date de l'ouverture du procès Bygmalion, portant sur les frais de sa campagne présidentielle de 2012. Il confirme dans cette interview au Figaro qu'il sera défendu par Thierry Herzog, condamné lui aussi ce lundi dans l'affaire des "écoutes" à la même peine que son client. "Thierry Herzog est mon ami et mon avocat. Il est l’un des membres les plus respectés et les plus aimés du Barreau de Paris. Je suis fier qu’il assume ma défenseet le soutien unanime qu’il a reçu de ses pairs me renforce dans ce sentiment", indique l'ex-Président.

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