Affaire des passeports diplomatiques d'Alexandre Benalla : qui dit quoi ?

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MYSTÈRE - Depuis jeudi et les révélations de Mediapart, la nouvelle affaire Benalla concentre l’attention autour des deux passeports diplomatiques que le conseiller élyséen aurait conservés après son licenciement, en juillet dernier. Le principal intéressé dément, tout en reconnaissant les avoir récupérés au mois d’octobre. L’Elysée, lui, renvoie la balle au Quai d’Orsay, qui a saisi ce vendredi le procureur de la République.

La pression s’accentue autour d’Alexandre Benalla et des deux passeports diplomatiques qu’il utiliserait toujours, plusieurs mois après avoir été licencié de l’Elysée. Ce vendredi, au lendemain des révélations de Mediapart affirmant qu’Alexandre Benalla use des sésames de la République pour parcourir le monde, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir, en vertu de l’article 40 du Code de procédure pénale, qu’il avait saisi le procureur de la République afin qu’il mène les investigations nécessaires.


"De tels faits me paraissent susceptibles de caractériser un comportement contraire à la loi pénale, en particulier à raison d'infractions d'abus de confiance, d'une part, en raison de l'absence de restitution des passeports diplomatiques malgré les demandes de restitution émanant du ministère, d'autre part, parce qu'il a pu faire de ces passeports un usage abusif, car

contraire à l'usage déterminé qui avait motivé leur remis", pouvait-on lire dans un communiqué du Quai d'Orsay.

Le Quai d’Orsay a en effet réclamé à deux reprises (le 26 juillet et le 10 septembre) que les passeports lui soient restitués. Alexandre Benalla n’a visiblement jamais répondu à ces sollicitations. De son côté, l’Elysée a fait savoir ce vendredi toujours, que dès le licenciement de son conseiller, intervenu le 23 juillet dernier, il avait "demandé aux administrations compétentes de procéder aux démarches nécessaires afin que ces passeports soient restitués et ne puissent plus être utilisés". 


Le principal intéressé affirme ce vendredi, via son entourage, que les deux passeports lui ont été restitués "en octobre". Par qui et en vertu de quoi ? Impossible de répondre formellement en l’état, mais cet axe de défense permet à l’ancien chargé de mission élyséen de ne pas contredire les propos qu’il avait tenus devant la commission du Sénat qui l’auditionnait, le 18 septembre dernier. 

De nouvelles auditions en vue ?

Dans le cadre de cette mission d’information, Alexandre Benalla avait affirmé, sous serment, qu’il avait bien eu droit à des passeports diplomatiques dans le cadre de ses missions élyséennes, mais qu’ils ne les avait pas emportés avec lui après son licenciement. "Les titres dont il s'agit sont restés dans le bureau que j'occupais à l'Élysée", a-t-il déclaré (voir vidéo ci-dessous)

En vidéo

Benalla au Sénat : "Mes passeports diplomatiques sont au bureau que j'occupais à l'Elysée"

Des déclarations qui, au vu des récentes révélations, jettent un trouble au sein même de la chambre haute du Parlement. Selon nos informations, du côté de la Commission des lois, les différentes auditions menées ces derniers mois sont en train d’être à nouveau épluchées, à la recherche d’éventuelles contradictions. Des demandes d’informations auraient déjà été formulées auprès de l’Elysée et des ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Et alors que, techniquement, les travaux de la commission d’enquête sénatoriale peuvent durer encore quelques semaines, de nouvelles auditions ne seraient pas à exclure.


En tout état de cause, si Alexandre Benalla a menti sous serment devant la commission sénatoriale, il pourrait être accusé de faux témoignage. Un délit régi par l’article 434-13 du Code pénal et qui prévoit des peines allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

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