Affaire du Carlton : que savait Sarkozy des activités de DSK ?

Politique

ECOUTES - Un documentaire publié lundi soir sur Canal+ assure que Nicolas Sarkozy savait que le nom de Dominique Strauss-Kahn était lié à l’affaire du Carlton de Lille, bien avant l’ouverture d’une instruction judiciaire. Et ce grâce à des écoutes aujourd’hui contestées. "Invraisemblable", nous répond Claude Guéant, proche de l'ex-Président et, à l'époque, ministre de l'Intérieur.

Nicolas Sarkozy savait que Dominique Strauss-Kahn était impliqué dans l’affaire du Carlton de Lille, et ce bien avant l’ouverture d’une instruction judiciaire, au printemps 2011. C’est ce qu’affirme un documentaire qui sera diffusé sur Canal+ ce lundi soir, jour de l’ouverture du procès du Carlton où l’ancien patron du FMI comparaît pour "proxénétisme aggravé".

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D’après l’enquête de Spécial Investigation, des écoutes administratives auraient en effet eu lieu entre juin 2010 et février 2011, peu avant l'ouverture de l'instruction judiciaire. Une clef USB contenant ces écoutes, et où il serait question de DSK et de "prostituées", aurait même circulé dans les hautes sphères du pouvoir entre mars et avril 2011. Un témoin anonyme, présenté comme un "policier de haut rang", assure que le contenu de cette clef à circulé à Matignon. Son locataire de l’époque ? François Fillon. Nicolas Sarkozy lui-même aurait été au courant de la présence du nom de DSK, qui ambitionnait d’accéder à l’Elysée, selon le documentaire.

Sur le plateau du Grand Journal , vendredi dernier, Vanina Kanban, qui a réalisé l'enquête pendant deux ans, appelle à ne pas tirer de conclusions hâtives sur son documentaire : "Est-ce que Nicolas Sarkozy a initié cette affaire, je n’en sais rien". Mais précise : "Est-ce que monsieur Sarkozy était au courant, six mois avant que l’affaire n’éclate qu’effectivement, monsieur Dominique Strauss-Kahn était impliqué éventuellement dans une affaire de proxénétisme ? Très certainement".

Le démenti de Claude Guéant

L’ancien ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, arrivé place Beauvau fin février 2011, soit juste après la période de ces écoutes supposées, assure n’avoir "jamais entendu parler d’une telle chose". Contacté par metronews, il répond spontanément avoir "entendu parler de cela ce (dimanche) matin. C’est invraisemblable, cela me paraît impossible", assure-t-il, précisant que si de telles écoutes avaient bien eu lieu, elles seraient "irrégulières". Un argument repris par l'avocat François Saint-Pierre, interrogé dans le documentaire, qui pointe, en outre, une possible "remise en cause de la validité du procès". D'autres proches de l'ancien chef de l'Etat, contactés par nos soins, n'ont pas répondu à nos sollicitations.

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