Affaire Fillon-Jouyet : un enregistrement très demandé

Politique
COULISSES - Trois médias ont eu accès à l'enregistrement de l'interview de Jean-Pierre Jouyet dans lequel il assure que François Fillon demande à l'Elysée de "taper vite et fort" sur Nicolas Sarkozy. L'ex-Premier ministre veut lui aussi avoir accès au document.

La révélation des journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, d'un déjeuner entre François Fillon et Jean-Pierre Jouyet pendant lequel l'ex-Premier ministre aurait demandé à l'Elysée "de taper vite et fort" sur Nicolas Sarkozy continue d'être âprement commentée. Lundi, c'est au tour des deux auteurs du livre "Sarko s'est tuer" (Stock) de raconter dans quelle condition ils ont obtenu cette information. François Fillon continue, lui, de nier les propos qui lui sont prêtés.

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Les deux journalistes expliquent avoir demandé un entretien à Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l'Elysée après avoir été aiguillé vers ce scoop par une source tierce restée confidentielle. "Jean-Pierre Jouyet n'est pas un politique comme les autres, relèvent-ils à l'AFP, c'est un haut fonctionnaire, c'est quelqu'un qui a gaffé toute sa vie dès qu'il a pris la parole publiquement. Il dit des choses qu'il ne devrait pas dire. Il est très mal à l'aise avec l'univers médiatique. Quand vous avez accès à lui en tant que journaliste, c'est en général bingo à chaque fois !"

Fillon insiste pour avoir accès à l'enregistrement

Trois médias ont eu accès à l'enregistrement audio de cette interview qui devait initialement être "off" (des propos rapportés mais non sourcés). "Il nous avait demandé de ne pas citer ses propos entre guillemets, ce que nous avons respecté", précisent les deux hommes. "C'est son démenti dimanche (avant qu'il ne fasse machine arrière dimanche soir, NDLR) qui nous a contraints, pour prouver notre bonne foi, à publier quelques extraits du verbatim", poursuivent les deux journalistes.

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François Fillon avait demandé dès dimanche à avoir accès à l'enregistrement, demande réitérée lundi après midi. "Le contenu de cet enregistrement ayant été partiellement rendu public, nous allons engager une procédure de référé devant le président du tribunal de grande instance de Paris aux fins de lui demander soit de nous faire remettre, soit de faire remettre à un tiers de son choix, une copie intégrale de l'enregistrement audio", affirme à l'AFP Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, l'avocat de l'ex-Premier ministre.

"On n'a pas de parti pris"

Pour Gérard Davet et Fabrice Lhomme, le secrétaire général de l'Elysée savait que "ses propos seraient publiés ultérieurement dans un livre" qui devait paraître en 2017. Ils estiment que le haut fonctionnaire "n'a pas du tout mesuré l'importance" de ses révélations.

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"Si on fait sauter le secrétaire général de l'Élysée, on le fait sauter. Si François Hollande, par nos révélations demain, doit démissionner, il démissionnera. Et si grâce à notre livre - c'est un vrai paradoxe car il s'appelle 'Sarko s'est tuer' - on fait élire Nicolas Sarkozy, c'est tant mieux pour lui!", estiment les deux journalistes. Et de conclure :  "On n'a pas de parti pris, c'est l'info qui nous intéresse".

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