Affaire Fillon : le parquet requiert le renvoi de François et Penelope Fillon en correctionnelle

Politique
JUSTICE - Le parquet national financier a préconisé vendredi 11 janvier le renvoi devant le tribunal correctionnel de l'ancien candidat à la présidentielle, ainsi que de son épouse Penelope et de son ancien suppléant à l'Assemblée, Marc Joulaud, pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, escroquerie aggravée et complicité de ces délits.

La perspective d'un procès Fillon se rapproche. Le parquet national financier (PNF) a signé, mercredi 9 janvier, le réquisitoire préconisant le renvoi devant le tribunal correctionnel de l'ancien premier ministre, ainsi que de son épouse Penelope et de son ancien suppléant à l'Assemblée nationale, Marc Joulaud. L'avocat de Penelope Fillon, Me Pierre Cornut Gentil, a confirmé à TF1-LCI la demande de renvoi de sa cliente. 


Après 2 ans d'enquête, le PNF estime que l'ex-candidat à la présidentielle, sa femme et son suppléant doivent être jugés pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, escroquerie aggravée et complicité de ces délits. Il appartient désormais au juge Serge Tournaire de suivre ou non ces réquisitions, et de renvoyer ou non ces personnes en correctionnelle. Si tel était le cas, le procès pourrait commencer avant fin 2019, indique Le Monde.

L'affaire Fillon, ou "Penelopegate", avait éclaté le 25 janvier 2017, après que Le Canard enchaîné avait révélé les soupçons d'emploi fictif de Penelope Fillon, rémunérée 500.000 euros brut en tant qu'attachée parlementaire auprès de son mari puis de son suppléant Marc Joulaud entre 1998 et 2013, et rémunérée 100.000 euros brut en tant que conseillère littéraire à la Revue des deux Mondes, alors que qu'aucune trace convaincante d'un travail effectif n'avait été trouvée. François Fillon, qui était alors le favori de pour l'élection présidentielle de 2017, avait nié tout emploi fictif, avant de perdre l'élection au 1er tour. Le propriétaire de la Revue des deux Mondes, Marc Ladreit de Lacharrière, a été condamné à la mi-décembre à huit mois de prison avec sursis et à 375.000 euros d'amende pour ces abus de biens sociaux dans le cadre de cette seconde affaire.

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Penelope bénéficiait d'une rémunération "supérieure à celle de Marc Joulaud" quand elle travaillait pour lui

Dans son réquisitoire cité par Le Monde, le PNF considère que l'emploi de Penelope Fillon revêt un caractère fictif. Il confirme d'abord que l'épouse de l'ex-chef du gouvernement a bénéficié de deux contrats d'assistante parlementaire auprès de François Fillon, entre 1998 et 2002, puis entre 2012 et 2013, et d'un contrat de collaboratrice parlementaire auprès de Marc Joulaud entre 2002 et 2007. Le PNF précise en outre que Penelope Fillon a bénéficié de "la rémunération la plus élevée des assistants parlementaires travaillant pour Marc Joulaud, avec un doublement de son salaire lors de la suppléance exercée par celui-ci à partir de 2002 alors qu'elle ne s'acquittait plus d'une partie des missions qu'elle argue avoir remplies auprès de François Fillon et que son salaire était supérieur à celui de son député employeur".


"À l'issue de l’information, aucun élément tangible ne permet de confirmer la réalité de l'activité de Penelope Fillon auprès de François Fillon et de Marc Joulaud", tranche le PNF. Et d'ajouter : "Aucune trace écrite, aucun témoignage objectif et concordant n'a pu être mis au jour alors qu'une activité professionnelle réelle, étalée sur plus de dix années, est nécessairement matérialisée par des traces concrètes. Les contrats de travail apparaissent purement formels et à tel point dévitalisés que leur exécution n'a été ponctuée ni de congés annuels, ni de congés maternité, ni d'arrêts maladie alors même que Penelope Fillon bénéficiait d'indemnités de licenciement, d'une indemnité de précarité et sa majoration, d'une indemnité de congés payés et même d'une prime d'ancienneté".

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L'affaire Penelope Fillon

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