Affaire Hollande – Gayet : que savait Manuel Valls ?

Affaire Hollande – Gayet : que savait Manuel Valls ?

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GAYETGATE – Le ministre de l'Intérieur a assuré ne pas être au courant des déplacements de François Hollande concernant sa relation supposée avec l'actrice Gayet. Une relation qui aurait néanmoins pu remonter aux oreilles de Manuel Valls. Explications.

"Comment je sors sans qu'on me voie?". L'anecdote, racontée par Cécile Amar dans un livre à paraître *, est savoureuse. On découvre un François Hollande qui, dès son arrivée à l'Elysée, a veillé scrupuleusement à conserver une certaine liberté de mouvement malgré le poids de la fonction. En particulier durant ses déplacements privés, notamment ceux révélés vendredi par Closer. Des visites se déroulant rue du Cirque, à quelques encablures de l'Elysée. Mais surtout à proximité de la place Beauvau, siège d'un ministère de l'Intérieur qui - officiellement - n'était pas au courant de l'affaire.

Contacté par Le Monde, Manuel Valls – dont la femme Anne Gravoin s'est rapprochée de Valérie Trierweiler durant la campagne présidentielle - se défend d'avoir fermé les yeux. Et prend ses distances avec le Groupe de sécurité de la Présidence de la République (GSPR) qui assure au quotidien la protection de François Hollande. "Nous ne sommes pas aux Etats-Unis. Le GSPR est autonome. Je n'ai pas à être au courant des déplacements du président. S'il décide d'aller dans un endroit, c'est de sa responsabilité. Quand Jacques Chirac a eu son accident vasculaire en 2005, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, n'a pas été prévenu immédiatement", assure au quotidien le ministre de l'Intérieur.

"La sécurité du président n'a jamais été menacée"

Manuel Valls pouvait-il cependant ignorer que François Hollande et Julie Gayet se retrouvaient à seulement quelques mètres de son ministère ? A son arrivée place Beauvau, l'ancien maire d'Evry a réformé le GSPR, et des gendarmes ont fait leur retour à l'Elysée pour intégrer le Groupe composé d'une soixantaine de membres. "Dans cette affaire, la sécurité du président n'a jamais été menacée", insiste auprès du Monde le ministre. François Hollande est en effet accompagné en permanence de deux policiers, y compris dans ses déplacements privés. Mais si la sécurité du président est intacte, les policiers n'auraient cependant pas cherché à enquêter sur l'appartement au passé trouble . Ni déceler la présence des paparazzis, situé dans l'immeuble en face.

Si le GSPR n'a pas dévoilé à son ministre de tutelle le secret du président, d'autres auraient pu s'en charger. Car Manuel Valls dispose d'un important réseau au sein du château. En particulier Christian Gravel : le conseiller presse et communication de l'Elysée a en effet fait ses classes auprès de Manuel Valls, dirigeant son cabinet à Evry durant dix ans. Aquilino Morelle, le conseiller politique du président, est pour sa part un ami de longue date de Manuel Valls, puisque les deux hommes étaient membres du cabinet de Lionel Jospin quand celui-ci était Premier ministre. Une époque à laquelle l'actuelle patronne du GSPR, Sophie Hatt, travaillait déjà pour la sécurité de ce dernier.

Tout ce petit monde gravitant dans un mouchoir de poche entre la rue du Faubourg-Saint-Honoré et les Champs Elysées n'aurait donc rien vu, rien su. Malgré l'appétit de liberté d'un François Hollande qui, encore candidat PS à la présidentielle, interrogeait selon Cécile Amar son officier de sécurité : "Je pourrai continuer à faire du scooter ? - Ça dépend, Monsieur. - Que se passera-t-il si je roule en scooter ? - Une voiture sera devant vous, une autre derrière et des motos sur les côtés."

*Jusqu’ici tout va mal, de Cécile Amar, (Grasset, 285 p., 18 euros)

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