Affaire Jouyet-Fillon : qui perd, qui gagne ?

Politique
POLITIQUE- La polémique déclenchée par le déjeuner entre l'ex-Premier ministre et le secrétaire général de l'Elysée fragilise les intéressés mais pourrait bénéficier à d'autres responsables : de Nicolas Sarkozy à Alain Juppé en passant par Marine Le Pen, metronews livre son verdict.

Ils se contredisent encore mais le déjeuner entre Jean-Pierre Jouyet et François Fillon durant lequel celui-ci aurait demandé à l'Elysée de "taper vite et fort" sur Nicolas Sarkozy pourrait affaiblir les deux convives. Tour d'horizon des gagnants et des perdants de ce déjeuner, qui, depuis cinq jours, empoisonne la vie politique.

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François Fillon : la suspicion
Il dément avoir demandé à l'Elysée de "taper vite et fort" sur Nicolas Sarkozy. Mais les relations entre les deux hommes se sont considérablement dégradées depuis 2012. François Fillon n'a cessé de marquer sa différence avec l'ancien chef de l'Etat. Le député de Paris serait-il passé des petites phrases acerbes à un piège de haut vol ? Par souci de rassemblement, de nombreux sarkozystes ne blâment pas François Fillon. Mais qu'en sera-t-il des militants, beaucoup plus fidèles que la moyenne des Français à Nicolas Sarkozy ? "Il appartient maintenant à François Fillon d’avoir des actes qui rendent incontestable sa loyauté vis-à-vis de sa formation politique et vis-à-vis de l’ancien président de la République", a tonné le député-maire de Nice, Christian Estrosi, invité lundi de France Info .

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Jean-Pierre Jouyet : le gaffeur fragilisé
A droite comme à gauche, les compétences techniques du haut fonctionnaire sont saluées mais son manque de sens politique est raillé. Le secrétaire général de l'Elysée multiplie les gaffes lorsqu'il se retrouve devant des journalistes. Son démenti des phrases qui lui sont prêtées avant de les confirmer a braqué les projecteurs sur lui. La droite l'accuse de mensonge et demande sa démission. "Il dit des choses qu'il ne devrait pas dire. Il est très mal à l'aise avec l'univers médiatique. Quand vous avez accès à lui en tant que journaliste, c'est en général bingo à chaque fois !", expliquent Gérard Davet et Fabrice Lhomme , les deux journalistes du Monde auteurs du livre "Sarkozy s'est tuer" (Stock) qui révèle la tenue du déjeuner. "Il est très affaibli. Il ne maîtrise pas sa parole et François Hollande le sait", a confié, lundi, un proche du président de la République à l'AFP. L'idée de sa démission flotte dans l'air...

Nicolas Sarkozy : le leitmotiv de l'homme traqué
En campagne pour la présidence de l'UMP, Nicolas Sarkozy tenait un meeting, lundi, à Caen . "Je ne polémiquerai avec aucun membre de ma famille politique (...) Je ne céderai à aucune provocation (...) J'ai choisi d'ignorer cette marée de boue", a-t-il déclaré. L'ex-chef de l'Etat s'est contenté de dénoncer "le discrédit" du "pouvoir en place" qui a pour "pratique quotidienne" le "mensonge". Mais lorsqu'il sera critiqué sur les affaires qui le visent, Nicolas Sarkozy ne devrait pas hésiter à se poser en victime d'un complot, comme il avait déjà eu l'occasion de le faire lors de sa dernière mise en examen, en juillet , dans l'affaire des écoutes.

Alain Juppé : au-dessus de la mêlée
Il se garde bien de ne pas s'exprimer sur la polémique en cours. Le maire de Bordeaux, qui vise l'investiture de l'UMP pour la prochaine élection présidentielle, veut montrer qu'il n'est pas impliqué dans les batailles internes de sa famille politique. Il espère bien de se démarquer des autres présidentiables de son parti, qui, eux, multiplient les petits phrases et les tacles.

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Marine Le Pen : illustration d'un vieux slogan
La présidente du FN et ses lieutenants n'ont de cesse de clamer leur opposition à "l'UMPS". Le déjeuner d'un ancien Premier ministre de droite avec l'actuel numéro deux de l'Elysée pour un éventuel arrangement contre Nicolas Sarkozy est du pain bénit pour le parti d'extrême droite. "C’est un dîner de cons mais, malheureusement, ce sont les Français qui y sont invités", ironise le député Gilbert Collard, cité mardi dans Le Figaro . "Aujourd’hui, il y a l’UMPS d’un côté et nous, qui incarnons l’alternative en restant totalement en dehors des connivences", explique encore Louis Aliot, le vice-président du FN.

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