Affaire Penelope Fillon : ces politiques qui travaillent en famille

FAMILY BUSINESS - Alors que le "Canard Enchaîné" révèle ce mercredi que Penelope Fillon a été rémunérée pendant 8 ans comme attachée parlementaire de son mari ou du suppléant de celui-ci, pour un total d'environ 500.000 euros, LCI revient sur ces (nombreux) politiques qui emploient leurs proches.

Donner un emploi d'assistant parlementaire à son conjoint, ses enfants ou un autre membre de sa famille, voilà une pratique assez répandue dans les couloirs de l'Assemblée. Ce mercredi 25 janvier, le scandale est venu de Penelope Fillon. Le Canard Enchaîné révèle que la femme du candidat LR à la présidentielle a été rémunérée pendant huit ans comme attachée parlementaire de son mari ou de son suppléant, pour un total d'environ 500.000 euros brut.


Une pratique légale, comme n'a pas manqué de le souligner le camp Fillon : depuis 1970, chaque député dispose de 9.561 euros mensuels pour employer un maximum de cinq collaborateurs parlementaires à temps partiel (à noter que dans le cas des époux/ses, le salaire ne peut dépasser 50% de l'enveloppe, soit 4 752 euros). Le problème, c'est quand ces assistants n'assistent en réalité en rien les élus dans l'élaboration de la loi. C'est en effet tout simplement alors ce qu'on appelle un emploi fictif, mais ce n'est pas le cas de la grande majorité des collaborateurs.

Bruno Le Maire, Jean-François Copé et d'autres exemples

Ces dernières années, à droite, deux cas majeurs ont été épinglés. Tout d'abord celui de Nadia Copé, femme de Jean-François, salariée de l'Assemblée nationale depuis 2008 quand Mediapart avait révélé cette affaire en 2014. Elle tient un "rôle de conseil" auprès de son mari, se justifiait à l'époque les proches du député. Il y a aussi Bruno Le Maire. Sa femme, Pauline Le Maire, artiste-peintre, a été rémunérée aux frais de l'Assemblée en tant qu'assistante parlementaire à temps plein de 2007 à l'été 2013. Lentourage de l'ancien ministre avait alors assuré qu'elle s'occupait notamment d'actualiser le site Internet du député et de préparer ses posts de blog.


Mais cette pratique est loin d'être l'apanage de la droite. Fin 2014 par exemple, Mediapart toujours avait révélé qu'en 2009, la compagne de Jean-Pierre Bel, alors président du groupe PS au Sénat, avait signé un CDD de collaboratrice parlementaire au service d’Alain Fauconnier, un sénateur socialiste. Un contrat dont les sénateurs, là encore, avaient défendu la non-illégalité. Mais la frontière entre compétences réelles et pistons familiaux est toujours très difficile à juger. Reste la célèbre justification du président de l'Assemblée, Claude Bartolone : "Je n'ai pas embauché ma femme, j'ai épousé ma collaboratrice".

"52 épouses, 28 fils et 32 filles"

Depuis juillet 2014, les élus parlementaires ont obligation de déclarer l’identité de leurs collaborateurs dans leurs déclarations d’intérêts, consultables une à une sur le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. C'est ainsi que Mediapart avait pu lister les "emplois familiaux" : "52 épouses, 28 fils et 32 filles de députés rémunérés sur fonds de l'Assemblée en 2014". Des emplois en famille qui concernaient alors 115 députés sur 577, soit 20% d'entre eux. Au Sénat, Mediapart, encore, comptait que "76 sénateurs rémunéraient un membre de leur famille" en 2011.


Mais deux obstacles se dressent encore pour une totale transparence : le fait que certaines "femmes de..." soient dissimulées sous leurs noms de jeunes filles, et les "emplois croisés" : le fait qu'un élu X salarie la femme d'un élu Y. Le Parlement européen a interdit en 2009 qu'un élu embauche un membre de sa famille. Une pratique que Benoît Hamon a dit mercredi matin souhaiter voir appliquée en France.

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L'affaire Penelope Fillon

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