Affaire Théo : comment les candidats à l'élection présidentielle réagissent (ou pas)

Affaire Théo : comment les candidats à l'élection présidentielle réagissent (ou pas)

RÉACTIONS POLITIQUES - Cinq jours après l'interpellation violente de Théo à Aulnay-sous-Bois, une nouvelle nuit de protestations émaillée d'incidents s'est déroulée dans la commune de Seine-Saint-Denis. Face à la polémique, tous les candidats (ou presque) à l'élection présidentielle ont réagi.

L'exécutif s'est efforcé mardi d'apaiser les esprits dans l'affaire d'Aulnay-sous-Bois, où des violences policières contre le jeune Théo ont donné lieu à une troisième nuit de protestations, marquée par des incidents et des dizaines d'interpellations.

François Hollande s'est rendu mardi après-midi au chevet de Théo, 22 ans, à l'hôpital Robert-Ballanger d'Aulnay-sous-Bois. C'est là que le jeune homme est soigné, après avoir été gravement blessé par une matraque au niveau de la zone rectale lors de son interpellation par des policiers, jeudi 2 février, dans cette ville de Seine-Saint-Denis. 

Face à la polémique, (presque) tous les candidats à l'élection présidentielle ont réagi.

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A gauche

Benoît Hamon, candidat socialiste à la présidentielle a estimé ce mardi que "les relations sont certes difficiles entre la police et la population, mais pour un jeune qui n'avait rien fait, se retrouver interpellé, être victime de violences et d'un viol, c'est inacceptable". En déplacement à Arcueil, lundi, il avait déjà demandé à l'Etat d'être "implacable" vis-à-vis des policiers impliqués, appelant à "ne pas confondre le geste de quelques-uns avec le travail quotidien de milliers de policiers sur le terrain".

La France insoumise, mouvement créé autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, a fustigé le "scandale de trop". Assurant que "des solutions existent" contre "la barbarie commise par certains élements" de la police, le mouvement a estimé qu'il fallait que la justice soit faite "dans des délais raisonnables", contrairement à "l'affaire de Zyed et Bouna", et qu'une police de proximité devait être mise en place.

Yannick Jadot, candidat d'Europe Écologie-Les-Verts à l'élection présidentielle, a appelé à la plus grande fermeté. "Il faut avoir la main ferme sur ce type de dérive absolument insupportable, a-t-il affirmé. Je ne veux pas croire que ce soit totalement une coïncidence si, après l'affaire Adama Traoré, c'est encore un jeune noir qui est bousculé et violé."

Emmanuel Macron a lui réagi mercredi en fin de journée dans un long post Facebook. "Les enquêtes en cours diront précisément comment il faut qualifier juridiquement ces faits. Mais comment ne pas être choqué par ce qui est arrivé à Théo ?" écrit le candidat. "Je tiens à rendre hommage à Théo et à son entourage. Alors que tout semble les pousser vers la haine et la révolte, ils font preuve d’un formidable sang-froid. Depuis plusieurs jours, ce sont eux qui incarnent la responsabilité. Ce sont eux qui refusent l’escalade de la violence", continue-t-il. Il profite de cette tribune pour exprimer son souhait de mettre en place "une police de la sécurité quotidienne". "Seule une police proche des gens a les moyens de faire comprendre son action, d’assurer la sécurité de tout un quartier et de faire reconnaître son autorité", explique-t-il.

A droite

Marine Le Pen, invitée de LCI ce mardi, n'a pas condamné les violences des policiers à l'encontre de Théo. "Mon principe de base, c'est d'abord de soutenir les forces de police", a affirmé la candidate FN à l'élection présidentielle. Interrogée sur les images de vidéosurveillance de l'agression, elle a déclaré : "On ne sait pas dans quel contexte cette arrestation a eu lieu, donc je pense que se baser comme ça sur des images, c'est quand même assez périlleux". Et de conclure : "Il ne faut pas clouer les policiers au pilori". 

Elle a en revanche condamné les échauffourées qui ont eu lieu dans la nuit de lundi à mardi dans la commune. "Est-ce que ça justifie qu'un certain nombre se permettent de casser et de brûler, alors même que la justice est saisie du dossier ?" a-t-elle demandé. "La réponse est non".

Rama Yade, candidate à l'élection présidentielle et ancienne secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy, a de son côté évoqué "un acte infâme".  "C'est toute la jeunesse des quartiers populaires que la police a humiliée par cet acte infâme. Qu'est-ce que c'est que la République pour ces jeunes qui subissent l'humiliation de la part de ceux qui devraient les protéger ? Comment, après, leur parler des valeurs de la République?" "On parle de viol. Tout ça, ça donne franchement envie de chialer. Ce sont quand même des enfants de France. L'impunité ne doit pas avoir court dans une République comme la nôtre."

Silence pour François Fillon

François Fillon, candidat LR à la présidentielle, n'a toujours pas réagi à l'affaire ce mercredi. 

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Aulnay-sous-Bois : L'appel au calme de Théo

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