Affaire Benalla : Macron admet des faits "inacceptables" et annonce une réorganisation à l'Elysée

Politique
COULISSES - Si le président de la République ne s'est toujours pas exprimé publiquement, sur l'affaire qui secoue son quinquennat, son entourage fait savoir qu'il a tenu une réunion ce dimanche soir avec plusieurs membres de son gouvernement. Il y a qualifié de "choquant" le comportement de son garde du corps, rappelé que "nul n'est au dessus des lois".

Il n'a pas encore pris la parole publiquement. Selon nos informations, le président Macron, muet depuis que l'affaire Benalla a éclaté mercredi, a tenu ce qui s'apparente à une réunion d'urgence ce dimanche soir à l'Elysée. Étaient notamment présents : le Premier ministre Édouard Philippe, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, en première ligne dans l'affaire, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux ainsi que Christophe Castaner, délégué général de la République en Marche et secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement. 


Un point aux airs de cellule de crise lors duquel, selon son entourage, le chef de l'Etat s'est montré "calme et posé". Face au silence qui lui est reproché, Emmanuel Macron a notamment expliqué avoir "respecté le silence de décence institutionnelle compte tenu du lancement des différentes enquêtes". Et l'Elysée d'ajouter que "si le Président doit s'exprimer, il le fera au moment qu'il jugera utile."

Pendant ces échanges servant probablement à préparer une riposte aux attaques incessantes de l'opposition depuis quatre jours, le chef de l'Etat a rappelé le "caractère choquant" du comportement d'Alexandre Benalla, le 1er mai. Il a souligné que "nul n'était au dessus des lois" et a promis "qu'il n'y a pas eu et n'y aura pas d'impunité". Dès samedi soir, l'Elysée avait d'ailleurs assuré qu'Emmanuel Macron avait bien vu, à son retour de sa tournée dans le Pacifique, la vidéo dans laquelle son garde du corps (faisant actuellement l'objet d'une procédure de licenciement) s'en était violemment pris à deux manifestants. La décision d'une mise à pied de 15 jours avait alors déjà été prise. Une sanction bien légère et fort discrète, reprochent ses opposants à l'exécutif, qui aurait dû, selon les mêmes, à tout le moins déclencher l'article 40 du code de procédure pénale. Celui-ci fait obligation aux fonctionnaires ou détenteurs de l'autorité publique de signaler au parquet les délits ou crimes portés à leur connaissance.

Une réorganisation à venir à l'Elysée

Ce dimanche, lors de ce point en petit comité, le chef de l'Etat a demandé au secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler de procéder à "une réorganisation pour éviter que ce genre de dysfonctionnement se reproduise". Toujours selon nos informations, l’intéressé va faire des propositions en ce sens. Alors que son désormais ex-collaborateur Alexandre Benalla vient d'être mis en examen pour violences en réunion et immixtion dans l'exercice d'une fonction publique notamment, Emmanuel Macron a assuré qu'il avait "confiance dans les enquêtes lancées" et a rappelé "son respect des institutions et de la constitution". Il a estimé qu'il ne pourra y avoir "ni obstruction ni manipulation" au travail mené conjointement par la justice, l'Inspection générale de la police nationale et la commission d'enquête parlementaire que sa majorité a fini par se résoudre à mettre en place après une féroce lutte avec l'opposition.

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Se disant, toujours selon les propos rapportés par une source proche du président, "heurté par l'amalgame avec les forces de l'ordre et de sécurité qui ont sa confiance", le président a en outre exprimé son "attachement aux policiers qui l’entourent depuis le début de son mandat" et à défendu "le grand professionnalisme des forces de l’ordre".  Un message d'importance, alors que sourd leur colère face aux régulières immixtions d'Alexandre Benalla dans la sécurisation des déplacements présidentiels.

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