Affaires Hulot et Darmanin : Macron sort du silence

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CONFIDENCES – A l’occasion d’une rencontre avec les journalistes de l'Association de la presse présidentielle, Emmanuel Macron a mis en garde mardi contre une "République du soupçon" à propos des accusations d'agression sexuelle contre ses ministres Nicolas Hulot et Gérald Darmanin.

Il n’est au courant de rien... Emmanuel Macron a assuré ce mardi soir devant les journalistes de l'Association de la presse présidentielle qu’il ignorait tout des plaintes pour viol classées sans suite contre Nicolas Hulot et Gérald Darmanin. "Je n’ai pas demandé à celles et ceux qui avaient vocation à devenir ministres s'ils avaient fait l’objet de plainte dûment regardée par des juges ou si les faits étaient établis ou prescrits, je vous le confirme", a lancé le chef de l’État. "Si j’avais procède à un tel examen, je ne sais pas qui j’aurais pu nommer ministre", a-t-il ajouté. 


"J'ai appliqué des règles de bon sens quand j'ai nommé des ministres. Je me suis assuré qu'ils étaient en règle avec l'administration fiscale et qu'il n'y avait pas d'éléments de vulnérabilité au regard des règles de droit. Je ne souhaite pas que cela aille plus loin. On rentrerait dans une drôle de société" si les responsables politiques pouvaient être constamment mis en cause "pour des choses jugées", a poursuivi le président.


Emmanuel Macron a aussi tenu à mettre en garde contre d'éventuelles dérives. "On veut que les dirigeants soient exemplaires, on s'est donné des règles, il y a des contre-pouvoirs qui sont légitimes et qui permettent que ces règles fonctionnent bien mais quand le but des contre-pouvoirs finit par être de détruire ceux qui exercent le pouvoir sans qu'il y ait de limites ni de principes, ce n'est plus une version équilibrée de la démocratie", a-t-il souligné. "Penser que quelque chose qui a été regardé, jugé, devrait soit me conduire à écarter quelqu'un, soit à le sortir du gouvernement, je crois que ce n'est plus le bon fonctionnement qu'il y a entre le pouvoir et le contre-pouvoir, parce que ça devient une République du soupçon".

Le parquet de Paris a ouvert le 22 janvier une nouvelle enquête préliminaire contre Gérald Darmanin à la suite d'accusations de viol. Une première enquête avait été classée sans suite en juillet dernier car la plaignante, qui avait déposé sa plainte peu de temps après l'entrée de Gérald Darmanin au gouvernement pour des faits remontant à 2009, n'avait pas répondu aux convocations des enquêteurs. Ayant fait savoir qu'elle était maintenant prête à répondre, la procédure a été rouverte. Gérald Darmanin - entendu depuis par les enquêteurs - avait déposé en juin 2017 une plainte contre son accusatrice pour dénonciation calomnieuse.


S'agissant de Nicolas Hulot, l'hebdomadaire Ebdo a, lui, fait état la semaine dernière de deux affaires concernant l'ex-présentateur d'Ushuaïa. La première concernant des accusations de harcèlement sexuel liées à une ancienne collaboratrice, la seconde concernant une plainte pour un viol supposé, déposée en 2008 par Pascale Mitterrand, petite-fille de l'ancien président François Mitterrand, classée sans suite la même année. Le ministre a annoncé lundi son intention de porter plainte pour diffamation contre l'hebdomadaire.

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