"Age-pivot" de départ à la retraite : de quoi s’agit-il ?

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RÉFORME DES RETRAITES - Le gouvernement, qui a promis de ne pas toucher à l'âge légal de départ à la retraite, actuellement fixé à 62 ans, songe à créer parallèlement un "âge-pivot" dans le cadre de la future réforme des retraites. On vous explique pourquoi.

Alors que les partenaires sociaux doivent faire un bilan d’étape mercredi 10 octobre avec le Haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, dans le cadre de cette future réforme, Les Echos ont révélé lundi que le gouvernement songeait à créer un âge-pivot de départ à la retraite. Cet âge, qui pourrait être fixé à 63 ans, ne viendrait pas remplacer l’âge légal de départ à la retraite, qui resterait à 62 ans. 


Cet âge-pivot, ardemment défendu par le Medef, vise tout simplement à remplacer le système de cotisations par trimestre, qui va disparaître avec l’instauration d’un système à points. Actuellement, si l’âge minimum légal de départ est de 62 ans, de nombreux salariés, qui ont commencé à travailler tard ou qui ont eu des carrières à trous, partent plus tard afin d’engranger le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein.

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Or, comme le signale le Conseil d’orientation des retraites, l’âge moyen de départ permettant de maintenir à flot le système sera de 63 ans en 2025 et de 64 ans en 2035. Du coup, pour inciter un maximum de salariés à travailler au-delà de 62 ans, le gouvernement songe à instaurer un âge-pivot, autrement dit une borne dissuasive en dessous de laquelle une décote serait appliquée. A l’inverse, une surcote serait mise en place en cas de maintien dans l’emploi après 63 ans.


En clair, s’il sera toujours possible de partir à 62 ans,  il faudrait attendre 63 ans pour partir avec une retraite complète. Un projet que le PS et Les Républicains jugent hypocrite car il vise, selon eux, à supprimer implicitement l’âge légal de départ à la retraite.

De son côté, la CFDT a déjà fait savoir son hostilité à une telle idée. "Je le dis très clairement : tous ceux qui ont dans la tête un élément paramétrique - jouer sur l'âge - pour cette réforme auront l'opposition de la CFDT. C'est clair et net", a prévenu le secrétaire général du syndicat réformiste, Laurent Berger.

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