Aides à domicile : l'exécutif promet une hausse "historique" des salaires en octobre prochain

La ministre déléguée à l'autonomie Brigitte Bourguignon a promis une hausse salariale historique pour les aides à domicile.

COUP DE POUCE - Ce jeudi, la ministre déléguée chargée de l'Autonomie Brigitte Bourguignon a annoncé que les aides à domicile intervenant chez les personnes âgées et handicapées bénéficieront le 1er octobre d'une augmentation de 13 à 15%.

On les appelle les travailleurs de l'ombre. Ceux qu'on ne voit pas et dont la voix porte peu dans les médias. Avec la crise sanitaire, les aides à domicile sont devenues plus visibles. En première ligne face au Covid-19. Si cette profession ne connait pas le télétravail, elle reste indispensable aux patients dont la vie a été encore un peu plus bouleversée par l'épidémie. 

L'État a donc promis de revaloriser ce secteur sur le plan économique. Ce jeudi, la ministre déléguée chargée de l'Autonomie, Brigitte Bourguignon a donné son feu vert à une augmentation salariale "historique" de 13 à 15% des aides à domicile chez les personnes âgées et handicapées applicable dès le 1er octobre. 

Concrètement, un salarié de catégorie A (soit le plus faible échelon), sans ancienneté, qui touche aujourd'hui le SMIC, sera augmenté de 2,2%. Mais avec 10 ans d'ancienneté, le même salarié (aujourd'hui également au SMIC), verra son salaire gonfler de 13,6%. "Il est essentiel de revaloriser ces professionnels mobilisés en première ligne auprès des personnes en perte d'autonomie dans la lutte contre la Covid-19, et qui permettront demain aux Français de vieillir plus longtemps chez eux", a commenté la ministre. 

La promesse a été accueillie avec soulagement du côté de la profession. "C'est une excellente nouvelle !" a réagi Thierry d'Aboville, le secrétaire général de l'ADMR, le principal réseau associatif d'aide à domicile. "C'est un message très fort adressé aux salariés", a-t-il  commenté, soulignant que cette revalorisation allait améliorer l'attractivité du secteur, qui connaît des difficultés chroniques pour recruter. "On construit pour le futur : ça permet de donner des perspectives pour le secteur", s'est-il encore félicité.

Une enveloppe de 300 millions d'euros par an

Il faut dire que cette hausse était attendue de longue date par les représentants du secteur. L'augmentation salariale était prévue par un avenant à la convention collective de la branche, négocié l'an dernier par les partenaires sociaux, mais qui attendait depuis le feu vert de l'État. C'est désormais chose faite : Brigitte Bourguignon "s'engage" à ce que cet avenant soit validé d'ici fin mai, pour une application au 1er octobre.

Au total, ces hausses de salaire représentent une enveloppe de 300 millions d'euros par an. Qui va donc payer l'addition ? Les frais seront à la charge des départements - compétents en la matière - mais "l'État s'engage à couvrir à 50%", ont précisé les services de Brigitte Bourguignon. Pour les trois derniers mois de 2021, soit la période d'"amorçage", le gouvernement propose de porter sa contribution à 70% au lieu de 50%.

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En octobre dernier, l'exécutif avait fait voter un amendement au budget 2021 de la Sécurité sociale qui confirmait "l'engagement de l'État de contribuer à hauteur de 200 millions d'euros annuels au financement, par les conseils départementaux, des revalorisations salariales", rappelle Brigitte Bourguignon. Dans l'entourage de la ministre, on confie qu'il s'agit d'une "main tendue aux départements". 

Pourtant, en jetant un œil à la note, ces derniers grincent des dents. Ils estiment que leur part à payer est trop importante. À ce stade, l'Assemblée des départements de France (ADF) n'a "pas accepté cette proposition", selon Le Monde. "Le gouvernement ne peut pas nous demander de payer s'il ne met pas davantage sur la table", a dit au quotidien Frédéric Bierry, chargé des questions sociales à l'ADF.

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