"Air Cocaïne" : quand la juge épiait... Nicolas Sarkozy

"Air Cocaïne" : quand la juge épiait... Nicolas Sarkozy

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REVELATIONS - Un an durant, les communications de l'ancien président de la République, dont l'implication a posé question dans l'affaire de trafic de stupéfiants entre la République dominicaine et la France, auraient été décortiquées par les enquêteurs de Marseille.

La révélation pourrait bien faire l'effet d'une bombe. Selon les informations du JDD ce dimanche, la juge de Marseille en charge du volet français de l'Affaire "Air Cocaïne" Christine Saunier-Ruellan, aurait utilisé tous les moyens légaux envisageables pour tenter de vérifier si l'ancien président pouvait être impliqué, de près ou de loin, dans le trafic de stupéfiants entre la République dominicaine et la France. Le 17 mars 2014, elle demande aux policiers en charge de l'enquête "de bien vouloir procéder à toutes réquisitions utiles aux fins d'obtenir les facturations détaillées sur la périodes de mars 2013 à mars 2014 (avec géolocalisation pour les mois de mars et avril 2014)". L'ancien président verra ses factures téléphoniques scrupuleusement détaillées et analysées pendant une année. Et ses moindres mouvements suivis pendant deux mois.

Un vol pour aller chez le juge

19 Mars 2013. Un Falcon 50 est arrêté sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana. L'avion contient 26 valises et 680 kilos de cocaïne. Dans l'avion, deux pilotes, Bruno Odos et Pascal Fauret, qui ont fui la République dominicaine la semaine dernière , et deux passagers, Nicolas Pisapia et l'apporteur d'affaire Alain Castany. L'avion qui devait décoller direction La Môle, à proximité de Saint-Tropez, appartient au lunetier Alain Afflelou qui en a confié la location à la société SN-THS. En charge de l'enquête, depuis qu'un autre Falcon a été intercepté à Saint-Tropez en provenance de République dominicaine en décembre 2012, la juge repère un autre nom. Celui de Nicolas Sarkozy.

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L'ancien président de la République a réservé l'avion intercepté pour un vol Paris-Bordeaux, afin de se rendre... à une convocation du juge Gentil dans le cadre de l'affaire Bettencourt, le 21 mars 2013, soit deux jours après la saisie de Punta Cana. Il utilise l'appareil trois autres fois, dans le cadre du fond d'investissement "Columbia", qu'il voulait mettre sur pied avec Stéphane Courbit - un projet finalement abandonné à la suite de son retour en politique. Les vols, destinés à obtenir le soutien d'investisseurs, sont financés par la société de l'homme d'affaires, Lov Group.

Arthur au bout du fil

Le 7 février 2014, la juge lance une commission rogatoire. Il s'agit de déterminer qui a payé les vols ayant servi au trafic de stupéfiant. Un mois plus tard, toujours selon les informations du JDD , elle demande à son homologue de Paris Serge Tournaire, chargé de l'affaire libyenne visant Nicolas Sarkozy les coordonnées téléphoniques de l'ancien président. Elle obtient les numéros des deux portables de l'homme politique, ses numéros de fixe, et ceux de Michel Gaudin, son directeur de Cabinet. De chez SFR, les enquêteurs repartent avec deux CD-Roms qui réunissent données de géolocalisation et fadettes.

Bilan de l'enquête de la juge ? Il figure dans le rapport de synthèse de la brigade financière daté du 5 novembre 2014 : "Aucun lien" entre l'usage des lignes téléphoniques de l'ancien Président avec l'enquête. On découvre néanmoins des éléments essentiels : Nicolas Sarkozy appelle très régulièrement six numéros : celui de sa femme, sa demi-soeur, sa conseillère presse, son associé et... l'animateur Arthur.

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