Alain Juppé s'inquiète d'un "discours populiste" chez LR et chante les louanges d'Emmanuel Macron

RECOMPOSITION - Lors d'une rencontre avec la presse relatée ce samedi par "Sud-Ouest", Alain Juppé a laissé apparaître son admiration pour l'action d'Emmanuel Macron, notamment sur l'Europe. Et s'est inquiété de l'évolution des discours dans sa famille politique.

Alain Juppé fait un pas de plus vers Emmanuel Macron. A un mois de l'élection à la présidence des Républicains, pour laquelle Laurent Wauquiez semble favori, le maire de Bordeaux a profité d'un échange, vendredi avec la presse diplomatique, pour chanter les louanges du gouvernement d'Edouard Philippe, un Premier ministre "courageux" (dont il est proche), mais aussi de l'action d'Emmanuel Macron depuis six mois. 


Loin des petites phrases assassines d'il y a un an contre le fondateur d'En Marche, lorsqu'Alain Juppé était lui-même en lice pour la primaire de la droite, ce dernier a salué "la crédibilité retrouvée" et "la réapparition d'une capacité d'initiative" grâce aux réformes menées par l'actuel gouvernement. 


Selon ses propos rapportés par Sud-Ouest, il a trouvé "peu de choses à redire" au discours d'Emmanuel Macron sur l'Europe, et a même félicité la dernière visite inopinée du chef de l'Etat en Arabie saoudite. "C'est bien que le président de la République mouille sa chemise et aille sur le terrain. Ce qui a changé, c'est le style. On a un président qui s'investit", a souligné l'ancien Premier ministre. 

Plus si affinités ?

Allant un peu plus loin, Alain Juppé a estimé, même s'il ne croit pas en la fin du clivage gauche-droite défendu par Emmanuel Macron, que les élections européennes de 2019 pourraient être l'occasion d'approfondir la recomposition politique en cours depuis la présidentielle. Convaincu que l'Europe est "un élément très clivant", il a prôné la constitution "d'un grand mouvement central" pour défendre la construction européenne, suggérant que le mouvement d'Emmanuel Macron pourrait en prendre le leadership. "Je ne vois pas d'incompatibilité", a-t-il ajouté.


Si le message n'était pas assez clair, Alain Juppé s'est également employé à attaquer l'aile droite des Républicains, ciblant tout particulièrement Laurent Wauquiez, dont la campagne pour la présidence LR est ciblée sur les questions identitaires. "Le feu est aujourd'hui au rouge", a jugé l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac à propos du rapprochement entre la droite et le FN, précisément une "ligne rouge" à ses yeux. 


Sur l'Europe, Alain Juppé se dit "inquiet" d'entendre "se développer un discours populiste" au sein de sa famille politique. Quant au discours anti-élites de Laurent Wauquiez, il "insupporte" le proche de Jacques Chirac, pour qui "un peuple sans élites est un peuple sans repères". Des propos qui risquent de faire du bruit chez LR, à l'heure de l'exclusion des députés pro-Macron, qui envisagent de créer leur propre parti. 

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