Alexandre Benalla : il a bénéficié de laissez-passer pour l'Assemblée nationale

Politique

AFFAIRE BENALLA - Selon une enquête de la cellule d'investigation de Radio France, l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron aurait auparavant profité de ses relations au Parti socialiste pour réclamer des accès à l'Assemblée nationale.

Les révélations continuent. Avant de travailler pour Emmanuel Macron, Alexandre Benalla avait assuré la protection de Martine Aubry et de François Hollande avant d’être chauffeur d’Arnaud Montebourg pendant quatre mois. Une collaboration brutalement interrompue sur fond de demande de port d'arme, d'accident de la route et de délit de fuite.  Il a ensuite rejoint le secteur privé, chez Velours, une société spécialisée dans la sécurité. Pourtant, Alexandre Benalla arrive à obtenir un badge d'accès à l'Assemblée nationale... grâce à Benoît Hamon.

C'est ce que révèle l’enquête de la cellule investigation de Radio France publiée ce vendredi 19 avril. L’ancien candidat du Parti socialiste à la présidentielle avait fourni en octobre 2014 un badge d’accès à la salle de sport de l’Assemblée nationale sur demande d’Alexandre Benalla. "Il m'a demandé si je pouvais lui accorder un badge pour qu'il ait un accès à la salle de sport de l'Assemblée. Je n'y voyais pas d'inconvénient, j'ai accepté", explique Benoît Hamon à Franceinfo et ajoute : "Comme tout le monde, je me suis fait enfumer!" Une autre députée, Pascale Boistard, lui aurait également procuré un badge en 2013 pour accéder à la salle de sport et à la bibliothèque de l'assemblée.

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Selon France Info, Alexandre Benalla n'aurait jamais travaillé à l'Assemblée Nationale. Dans un CV datant de 2016, il évoque une expérience professionnelle de quatre ans au Palais Bourbon en tant qu'"assistant parlementaire sécurité". Le jeune homme précise avoir travaillé pour le groupe parlementaire SRC (Socialiste, républicain et citoyen) ainsi que pour la présidence de la commission des Lois. "Il a peut-être rédigé une note ou deux, sur la sécurité privée. Mais il a été éconduit", témoigne un proche de Jean-Jacques Urvoas, président à l'époque de ladite commission.

Son passage au Parti socialiste lui permet ensuite d'entrer en 2016 au service de l'ancien boxeur Jean-Marc Mormeck, délégué interministériel pour l'Egalité des chances des Français d'Outre-mer. Désigné chef de cabinet bénévole, un statut qui n'existait pas sur le papier, il aurait rédigé lui-même sa lettre de mission afin d'encadrer son poste. Il aurait obtenu grâce à cela des passeports de service qui n’auraient pourtant jamais du lui être accordés. Il finira par quitter la délégation pour rejoindre la campagne d'Emmanuel Macron, fin 2016.

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