Alexandre Benalla entendu par les juges d'instruction

Politique
EXPLICATIONS - L'ancien collaborateur du président Macron est arrivé ce vendredi 5 octobre au Tribunal de Paris où il doit être auditionné par les juges d'instruction en charge de l'affaire, a constaté l'AFP. Cette audition avait été reportée d'une semaine.

Avec une semaine de retard sur le calendrier initialement prévu, Alexandre Benalla est arrivé ce vendredi vers 9h40 au tribunal de Paris en compagnie de ses nouveaux avocats Jacqueline Laffont et Pierre Haïk, a constaté l'AFP. L'ex-chargé de mission de l'Elysée doit y être interrogé pour la première fois sur le fond de l'affaire par les juges d'instruction. L'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron va devoir s'expliquer sur ce qu'il s'est passé lors des manifestations du 1er mai.


Lors d'un premier - et bref - passage devant les magistrats le 22 juillet, le jeune ex-collaborateur de l'Elysée avait préféré gardé le silence. Il sortait alors d'une garde à vue de deux jours à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). La justice avait alors décidé de le mettre en examen pour "violences en réunion", "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", "port public et sans droit d'insignes réglementés", "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "recel de violation du secret professionnel".

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L'affaire a éclaté le 18 juillet à la suite de révélations du journal Le Monde. Le quotidien a publié ce jour-là des images montrant M. Benalla et un employé de La République en Marche, Vincent Crase, en train de frapper un homme et une femme sur la place de la Contrescarpe, lors d'un rassemblement de manifestants du 1er-Mai qui avait dégénéré dans le quartier latin. Les deux hommes avaient ensuite remis le couple à la police pour qu'il soit interpellé. Sur les images, M. Benalla est filmé, casque sur la tête, en train d'empoigner la jeune femme et de frapper son compagnon au thorax et à la tête. 


Un agissement violent et illégal puisque les deux hommes participaient à une opération de maintien de l'ordre en tant que simples "observateurs". Pour sa défense, l'ancien collaborateur du Président a expliqué avoir agi par "devoir citoyen" pour aider à arrêter "les deux personnes les plus virulentes" du groupe de manifestants. Une version que réfute le couple.

Information judiciaire étendue

Le 10 août, l'information judiciaire a été étendue à d'autres possibles violences de M. Benalla, un peu plus tôt dans la journée au jardin des Plantes, des faits sur lesquels il n'a pas encore été interrogé et pour lesquels il n'est pas mis en examen à ce stade.

 

Les enquêteurs cherchent également à savoir comment des images vidéo de la préfecture illégalement transmises à M. Benalla le 18 juilllet se sont retrouvées sur les réseaux sociaux, diffusées par le compte twitter @frenchpolitic, un soutien affiché du mouvement présidentiel. Le compte avait supprimé les images quelques heures après leur publication.

Cette auditionpar les juges d'instruction avait été reportée après que son avocat a annoncé qu'il ne défendrait plus ses intérêts. "Je lui souhaite beaucoup de courage pour affronter la suite" avait simplment indiqué sur le réseau social Facebook Me Laurent-Franck Liénard. "En accord avec Monsieur Benalla j'ai décidé de quitter sa défense pour les faits du 1er mai".


Ce retrait était survenu quelques jours après une nouvelle révélation gênante pour Alexandre Benalla. Quelques jours plus tôt, Mediapart dévoilait un selfie de l'ex-collaborateur de l'Elysée armé, à une période où il n'était pas titulaire d'un permis de port d'arme en bonne et due forme.

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