Accusé de viol au sein des Jeunes communistes, un élu municipal de Blois suspendu de ses fonctions

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ME TOO - Accusé de viol par une militante du Mouvement des jeunes communistes (MJCF), l'élu municipal de Blois Alexis Bouchou a été suspendu du PCF lundi et de ses fonctions municipales jeudi. Il conteste les accusations.

L'élu municipal de Blois Alexis Bouchou, membre du Parti communiste (PCF), a été suspendu de ses fonctions municipales, a annoncé jeudi Marc Gricourt, le maire de Blois. "Le maire et Alexis Bouchou ont convenu de la suspension de son appartenance au groupe majoritaire et de toutes ses représentations municipales jusqu'à décision judiciaire", indique le communiqué. Lors d'un entretien entre le maire et Alexis Bouchou, 23 ans, celui-ci "a fait savoir qu'il contestait le viol et toute agression". 


"La Ville n'a pas à se prononcer sur les suites judiciaires" et "n'entend pas porter atteinte" à la présomption d'innocence, précise le communiqué, mais "cette situation peut fragiliser la perception de l'engagement connu de la Ville contre les violences faites aux femmes mais aussi la sérénité des débats municipaux".

Suspendu du parti

Lundi, 4 mars, le PCF a annoncé avoir suspendu le militant. "Ce militant n'a plus le droit de prendre part au vote interne du parti. Il avait des fonctions au niveau local au sein de la fédération PC du Loir-et-Cher. Il ne peut plus les exercer jusqu'à nouvel ordre", avait indiqué Emmanuel Leonard, le secrétaire départemental du PC 41.


Ces accusations remontent à la publication, le 24 février dans L'Obs, du témoignage de Léa Tytéca, une militante de la Jeunesse communiste (JC) et étudiante dans les Pyrénées-Orientales, à l'encontre d'un conseiller municipal PCF dont l'identité n'est pas encore dévoilée. Elle accuse ce dernier de l'avoir violée en juillet 2016 à Paris.

Les instances du parti et de la Jeunesse communiste dénoncées

Le 28 février, le nom d'Alexis Bouchou est dévoilé sur Twitter, puis, le 2 mars, la victime présumée du viol, Léa Tytéca cite nommément Alexis Bouchou et affirme que celui-ci l'a violée "autour du Bal de l'UEC en 2016, en m’accompagnant dans un hôtel, alors qu’il était ivre". 

En plus des nombreux témoignages de violences sexuelles au sein des Jeunes communistes, publié depuis 2018 notamment dans Le Monde et sur la plateforme Tumblr, des accusations visent les instances communistes, à savoir le PCF et la JC, dont les réponses sont jugées trop tardives et insuffisantes. Dans L'Obs, la secrétaire générale de la Jeunesse communiste, Camille Lainé, a indiqué avoir eu connaissance de 11 dossiers : six pour viols et cinq pour agressions sexuelles. Elle a également indiqué que neuf adhérents avaient été écartés du mouvement et que trois cas avaient fait l'objet d'une plainte en justice.

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