Les mesures phares de la lutte contre les violences faites aux femmes

Politique
PLAN - Plateforme de signalement en ligne, création d'un délit d'outrage sexiste, allongement du délai de prescription des violences sexuelles pour les mineurs, le président a dévoilé ce samedi les mesures qui seront entreprises durant son quinquennat pour contrer les violences faites aux femmes.

Les violences faites aux femmes sont une priorité du quinquennat Macron. Une priorité car aujourd'hui encore, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son partenaire ou de son ancien partenaire et 93.000 sont victimes chaque année de viol ou de tentative de viol. Une situation insoutenable. 


Ce samedi, à l'occasion de la journée mondiale pour l'élimination de la violence à l'encontre des femmes, le chef d'Etat a tenu à frapper fort. Depuis l'Elysée, il a reconnu l'urgence d'agir et a débuté son discours en réclamant "une minute de silence en hommage (aux) femmes battues, violées et tuées". 


Puis il a dévoilé ses mesures phares répertoriées en trois volets : prévention, accompagnement des victimes et renforcement de l'arsenal répressif.

Les victimes mieux accompagnées

Sur les 225.000 femmes victimes de violence en France, seule une sur cinq a porté plainte. En cause : la honte ressentie, à tort, mais aussi le chemin de croix qui est le leur lorsqu'elles se décident d'entamer les démarches (comme nous vous le racontions ici). Pour améliorer les choses, Emmanuel Macron le soutient : dorénavant "la justice viendra aux femmes et non l'inverse".

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Macron : "La justice viendra aux femmes et non l'inverse"

Comment ? En améliorant l'accompagnement des victimes, tout d'abord avec la création d'une plateforme de signalement en ligne. Le but : éviter que les victimes aient à se déplacer dans un commissariat. Derrière l'écran d'ordinateur, des policiers formés seront disponibles 24h/24 et 7jours/7 pour échanger, guider vers les structures d'accueil ou encore expliquer les démarches. Une application numérique complètera cette offre pour les victimes de cyber harcèlement et de cyber violence.


Au niveau des structures d'accueil des victimes, des référents de police et de gendarmerie seront présents pour faciliter les dépôts de plainte. La prise en charge pourra également être effectuée directement aux Urgences sans que la victime n'ait à se rendre au commissariat le lendemain. Enfin, un dispositif de recueil de preuves sera également mis en place dans les centres de santé.

Une répression renforcée

Trois mesures vont dans ce sens. La première, qui cible notamment le harcèlement de rue,  repose sur la création du délit d'outrage sexiste qui sera "verbalisable immédiatement pour un montant dissuasif". Avec cette "amende express", Emmanuel Macron souhaite ainsi faciliter la répression et éviter que les agressions verbales ne soient minimisées ou non traitées. Des caméras supplémentaires seront installés dans ce sens dans les transports.

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Macron : "Le délit d'outrage sexiste sera verbalisable immédiatement pour un montant dissuasif"

Deuxième mesure phare : l'allongement du délai de prescription des violences sexuelles sur mineurs. Il passera, si le projet de loi est voté en 2018, de 20 à 30 ans.


Troisième point : l'ouverture d'un débat sur l'âge de présomption de non-consentement en cas de relation sexuelle avec un mineur. "Nous devrions sans doute (l')aligner sur l'âge de la majorité sexuelle", soit 15 ans, estime pour sa part Emmanuel Macron. Une proposition largement applaudie, alors que l'acquittement d'un homme pour le viol d'une mineur de 11 ans est encore dans tous les esprits.

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Macron : "Nous devrions sans doute aligner sur l'âge de la majorité sexuelle (...) le présomption" de non consentement

Une meilleure prévention au plus jeune âge

"Une honte nationale", "l'expression la plus extrême et odieuse de la domination d'un sexe sur l'autre", c'est en ces termes qu'Emmanuel Macron a désigné les violences exercées sur les femmes. "Quelque chose ne marche pas dans la République" a-t-il reconnu, et notamment un problème culturel. Alors, le chef d'Etat mise sur l'éducation, à tout âge. 


Il souhaite former les instituteurs mais aussi les personnels en crèche. "Il ne s'agit pas de nier la différence entre les sexes" a-t-il cependant nuancé devancant les critiques des opposants à une prétendue "théorie du genre". L'accent sera porté sur le cyberharcèlement ainsi que la pornographie, de plus en plus accessible. 14% des jeunes de 11 et 12 ans ont ainsi déjà visionné un film X depuis leur smartphone, tablette ou ordinateur selon une étude citée par Le Figaro.


Les jeunes ne sont pas les seuls visés, "dès 2018, un grand plan de formation initiale et continue sera déployé dans le secteur public avec une attention particulière sur la formation des cadres" car la fonction publique se doit d'être exemplaire.

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Un des clips de la campagne lancée ce samedi par le gouvernement

Et comme l'école ne fait pas tout, le gouvernement compte sur une campagne choc pour aider à une prise de conscience, à l'image de celle sur la sécurité routière. Le rôle du CSA devra également être repensé pour s'adapter à l'évolution du numérique et traquer les contenus mettant en avant des stéréotypes des jaux vidéos aux publicités en passant par la musique.


Enfin une mesure très concrète : l'arrêt des bus à la demande "pour qu'une femme dans la rue qui a peur le soir puisse l'arrêter en le hélant". 

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Macron : La régulation des contenus audiovisuels devra être adaptée aux évolutions numériques

Au-delà de ces mesures, Emmanuel Macron a annoncé une hausse des crédits alloués à cette lutte. Le budget interministériel pour l'égalité hommes femmes dépassera les 420 millions d'euros dès 2018. "La honte doit changer de camp" a clamé le président. 

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