Amende record contre la BNP : le gouvernement fait front

Politique

BANQUE - Alors que les Etats-Unis pourraient condamner BNP Paribas à une amende de 10 milliards d'euros pour avoir contourné un embargo, Laurent Fabius a estimé mardi que ces chiffres n'étaient "pas raisonnables". Le gouvernement prend désormais fait et cause pour la banque.

La BNP Paribas peut compter sur un allié de poids pour l'épauler face aux Etats-Unis : l'Etat français. La banque, menacée d'une amende de 7 milliards d'euros pour avoir réalisé des opérations financières avec Cuba, l'Iran et le Soudan, des pays sous embargo américain a reçu mardi le soutien appuyé de Laurent Fabius. Sur le plateau de France 2, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a ainsi vivement critiqué le bien-fondé d'un tel montant. "S'il y a eu une faute, il est normal qu'il y ait une sanction mais la sanction doit être proportionnée et raisonnable. Ces chiffres-là ne sont pas raisonnables", a-t-il réagi.

Ces déclarations marquent un tournant dans le positionnement du gouvernement qui, jusque-là, avait choisi de ne pas intervenir publiquement. "La procédure engagée par les autorités américaines concernant BNP Paribas relève des relations entre une entreprise privée et la justice américaine", avait ainsi indiqué Matignon fin mai. Mais peu à peu, la défense s'organise : selon le New York Times, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a fait le déplacement à New York la semaine dernière pour plaider la cause de l'établissement auprès du procureur de Manhattan.

Une possible hausse des frais bancaires

Même le président serait sorti de sa réserve. Toujours selon les informations du New York Times , François Hollande aurait contacté la Maison blanche pour aborder le sujet. Le montant de l'amende sera "obligatoirement" à l'ordre du jour de son dîner avec Barack Obama jeudi soir, en marge de la commémoration du débarquement, a fait savoir une source diplomatique. Cette mobilisation intense s'explique par les retombées très négatives que pourrait avoir l'application d'une telle sanction.

BNP Paribas, qui a dégagé l'an dernier l'équivalent de 6,60 milliards de dollars de bénéfice net, devrait pouvoir absorber l'amende américaine mais s'en sortirait fragilisée, risquant de faire vaciller également le système financier européen dans son ensemble. "Si Paribas voyait ses capitaux amputés, cela veut dire moins de prêts aux entreprises, notamment françaises", a ainsi prévenu Laurent Fabius. Sans oublier que la banque est l'un des principaux contributeurs à l'impôt sur les sociétés en France. Et avec 7 milliards d'euros en moins, la BNP pourrait être tentée d'en faire payer le prix à ses clients, en augmentant ses frais bancaires.

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