Anne Hidalgo : "Agnès Buzyn n'est pas très bien placée pour donner des leçons de gestion"

Anne Hidalgo, invitée de LCI
Politique

RÉACTION - Invitée politique ce lundi matin d'Elizabeth Martichoux, l'actuelle maire de Paris, candidate à un deuxième mandat, est notamment revenue sur les piques lancées à son endroit par ses principales rivales, Agnès Buzyn et Rachida Dati.

Passe difficile pour Anne Hidalgo. La maire de Paris, devancée pour la première fois dans un sondage par sa rivale Rachida Dati et invitée d'Elizabeth Martichoux, est revenue sur cette étude publiée la veille dans le JDD, qui illustre un rapport de forces qui serait toutefois insuffisante pour ravir la mairie de Paris à sa locataire.

Quid néanmoins de cette "dynamique Dati" ? "Je regarde ce qui se passe dans cette campagne", admet-elle, tout en relativisant ("Les sondages donnent une indication") et rappelant l'envie chez beaucoup de Parisiens de "ne pas s’arrêter sur le chemin de la transition écologique, énergétique" : "Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est pour que nos enfants vivent mieux demain", poursuit-elle, avant de qualifier de "sujet d’inquiétude" le fait que Rachida Dati soit ouvertement soutenue par Jean-Marie Le Pen, l'ancien président du Front national (devenu Rassemblement national). "Ce n’est pas dans l’histoire de Paris, une ville ouverte au monde", s'offusque-t-elle, invitant à "se méfier du retour en arrière" et de la montée des populismes. Une "tendance" par ailleurs confortée par un tweet de Florian Philippot, ex-baron RN, relayant le sondage en question et écrivant : “Le vote Dati en pleine dynamique s’installe comme le seul vote utile dès le premier tour pour battre Hidalgo et sa politique ravageuse”. 

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Autre candidate aux municipales à Paris : Agnès Buzyn, la candidate LaREM aux municipales à Paris, qui a accusé ce dimanche sur BFMTV Anne Hidalgo de laisser Paris "en dépôt de bilan", avec "6 milliards d'euros de dette" et donc l’accusation de faire des dépenses non financées à ce stade. "Une phrase qui n’a aucun sens" selon Hidalgo : "Madame Buzyn fait partie d’un gouvernement qui a laissé filer la dette, les dépenses publiques, tout en ne maintenant pas le service public au niveau auquel on pourrait s’y attendre. Regardons ce qui se passe dans les hôpitaux publics. Elle n’est pas très bien placée pour donner des leçons en termes de bonne gestion. Soyons sérieux, honnêtes et responsables. Trois mots qui comptent beaucoup pour moi, y compris dans le débat." 

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Anne Hidalgo rappelle que "les collectivités territoriales sont soumises à une double règle d’or" : "Elles ne peuvent pas présenter des budgets en déficit et ne peuvent pas emprunter si ce n’est pour investir. Paris est [en cela] une ville très bien gérée, reconnue par toutes les agences de notation et le gouvernement. Nous sommes dans une perspective de désendettement de la ville bien inférieure à celle imposée par l’état aux collectivités, soit 12 ans maximum de désendettement. Paris est à neuf ans."

Quant à l'opacité des frais de fonctionnement, pointée du doigt par Rachida Dati, "le nombre de contrôle dans la chambre régionale des comptes que nous avons eu" rappelle "qu'il n’y a vraiment eu aucune opacité", balaye l'édile : "Nous n’avons augmenté que de 0,5% de frais de fonctionnement de la ville sur toute la durée du mandat alors que nous étions très impactés par la baisse des dotations de l’Etat. Nous étions à un moment où il fallait investir, et j’assume l’investissement pour faire des crèches, pour faire des écoles, pour faire des gymnases, pour faire du logement social... Nous avons autofinancé 76% de notre investissement à Paris, c’est une ville qui aujourd’hui a une vraie dynamique."

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Autre point reproché à Anne Hidalgo, la flambée du prix du logement. Selon Les Echos, "Paris pourrait atteindre les 11.000 euros du mètre carré cet été". Est-il alors possible d'inverser la tendance ? "Cette flambée concerne le marché privé, et oui, je serai en mesure de faire cette baisse avec différents outils, soutient l'actuelle maire de Paris. Nous avons construit 40.000 logements sociaux sur ces 6 dernières années. Ça veut dire qu’en tout, à Paris, il y a 550.000 personnes qui vivent à Paris parce qu’elles ont un logement à un prix abordable." 

Quelles solutions alors ? "L'encadrement des loyers maintenu, la création d’une société immobilière publique privée que la ville va capitaliser avec un milliard d’euros. On va chercher en tout trois milliards du public, trois milliards du privé et avec cela, nous allons lever 20 milliards d’euros pour créer du logement pour les classes moyennes. C’est-à-dire du logement à louer au prix inférieur de 20% par rapport aux prix du marché. Il faut aussi une régulation de Airbnb si l’on veut faire baisser les prix du logement à Paris", conclut-elle.  

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