Antisémitisme : ce qu'il faut retenir des mesures annoncées par Emmanuel Macron au dîner du Crif

Politique

ANTISÉMITISME - Lors du dîner annuel du Crif, mercredi 20 février, Emmanuel Macron a annoncé une série de propositions pour faire face à la montée des actes antisémites.

Il avait promis des "actes" et des "lois". Devant le Conseil représentatif des institutions juives de France, réuni lors de son traditionnel dîner ce mercredi 20 février, Emmanuel Macron a annoncé plusieurs mesures pour lutter contre l'antisémitisme. Un discours largement applaudi par le millier de personnes présentes.

Le président de la République a estimé que la résurgence de haine, qui s’est " aggravée ces dernières semaines", était "sans doute inédite depuis la Seconde Guerre mondiale", et appelait donc à des actes "tranchants" et "concrets". "Nous n'avons pas su agir efficacement, c’est vrai. Et si nous en sommes là aujourd’hui, c'est bien pour cela." 

"L'antisionisme est une des formes modernes de l'antisémitisme "

Emmanuel Macron a annoncé que la France allait adopter dans tous ses textes de référence la définition de l'antisémitisme "adoptée par l'Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah", qui intègre l'antisionisme. Une décision applaudie pendant de longues secondes, à laquelle le Président a rajouté quelques précisions qui se veulent rassurantes pour répondre aux critiques. "Il ne s’agit pas de modifier le code pénal ou empêcher ceux qui veulent critiquer la politique israélienne de le faire (…) Il s'agit de mieux lutter contre ceux qui cachent derrière le rejet d'Israël la haine du juif la plus primaire."

"Adapter nos sanctions à la société numérique"

Le Président désire également s’atteler à la haine "sans visage" qui se trouve sur les réseaux sociaux, car "l'antisémitisme virtuel n'a de virtuel que le nom". C’est pourquoi dès le mois de mai, une proposition de loi "pour lutter contre la haine sur internet" devrait être présentée. Selon Emmanuel Macron, il faut s’inspirer de la législation allemande en "apportant des sanctions judiciaires, pénales et pécuniaires" et en "appelant les responsabilités des individus comme des plateformes". 

Ce texte, qui sera déposé par la députée LaREM Laetitia Avia, portera sur "des dispositions claires imposant les retraits dans les meilleurs délais de tous les contenus appelant à la haine" mais aussi la mise œuvre de "toutes les techniques permettant de repérer l'identité dans les meilleurs délais". Le chef de l’État veut pouvoir "interdire la présence sur un réseau social de personnes coupables de propos racistes et antisémites" et enfin appeler à la responsabilité "y compris sur le plan juridique" des plateformes sur internet. 

"Nommer, poursuivre, punir, mais aussi éduquer"

Le président a annoncé que l'Etat soutiendra "encore d'avantage qu'il ne le fait" le Mémorial de la Shoah afin d’entretenir la mémoire de ces événements. Et dans les écoles, Emmanuel Macron a indiqué avoir demandé au ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, de "procéder à un audit de tous les établissements marqués par le phénomène de déscolarisation des enfants de confession juive". 

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Enfin Emmanuel Macron a indiqué avoir demandé au ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, d'engager des procédures "visant à dissoudre des associations ou groupements qui par leur comportement nourrissent la haine, promeuvent la discrimination ou appellent à l'action violente". Dans le collimateur, trois organisations d'extrême droite que le Président a nommées : le Bastion social, Blood and Honour Hexagone et Combat 18.

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