Antivax et opposants au pass sanitaire, des mouvements scrutés de près par l'exécutif

Antivax et opposants au pass sanitaire, des mouvements scrutés de près par l'exécutif

CONTESTATION - Si l'exécutif a assuré s'appuyer sur la grande majorité de la population pour mettre en œuvre les nouvelles restrictions sanitaires, une note des renseignements alerte sur le risque d'émergence d'une contestation forte. Au sein de l'exécutif, ces mouvements sont pris au sérieux.

Et si rentrée 2021 rimait avec contestation ? Après les manifestations organisées la semaine dernière par des opposants au vaccin, à la vaccination obligatoire contre le Covid-19 ou encore au pass sanitaire, l'exécutif regarde de très près la possible émergence d'une mobilisation plus forte. 

Gabriel Attal, fustigeait ce week-end "une frange capricieuse et défaitiste", l'opposant à "une France laborieuse et volontariste, qui veut mettre le virus derrière elle et travailler". Lundi, le porte-parole du gouvernement ciblait à nouveau "une petite minorité" faisant "de l'instrumentalisation politique en jouant avec les peurs des Français".

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Pour autant, des voix au sein de l'exécutif témoignent d'une forme d'inquiétude. À l'appui, cette note du renseignement territorial, révélée mardi, qui alerte sur un mouvement "structuré" et sur cette "mobilisation très inhabituelle durant une période estivale".  "À l’instar de ce qui s’est produit pour les Gilets jaunes, plus le conflit durera, plus le risque est grand que les plus déterminés, puis les plus radicaux, parviennent à en prendre le contrôle", concluent les renseignements, pour qui "une pérennisation de la crise n’est pas à exclure". 

Signaux d'alerte

Parmi les marqueurs de cette alerte figurent les multiples menaces de mort proférées ces derniers jours à l'encontre de soignants et de parlementaires soutenant l'extension du pass sanitaire, ou encore les dégradations commises ce week-end dans plusieurs centres de vaccination, qui ont conduit Gérald Darmanin à demander aux préfets de renforcer la surveillance. Mardi, devant les députés de la majorité, Jean Castex a assuré les élus "du soutien et de la solidarité sans faille du gouvernement", ajoutant que "la France ne peut pas accepter cela" et que "rien de tout cela ne nous décourage dans l'accomplissement de notre devoir".

L'autre marqueur est bien sûr la mobilisation dans la rue contre les nouvelles restrictions. Si la première manifestation contre la "dictature sanitaire", mercredi dernier, n'avait rassemblé que 19.000 personnes en France, celle du samedi 17 juillet, avec quelque 114.000 personnes, n'a pas échappé à l'exécutif. "On est quand même sur quasiment x 10 entre mercredi et samedi", notait dimanche une source gouvernementale sollicitée par LCI. "Il y a des signes de radicalisation. On surveille cela de près. On sait bien que cela reste une frange minoritaire de la population. Mais d'après les remontées, ce ne sont pas forcément des gens ultra-radicaux." Une autre source insistait, dimanche également, sur l'adhésion majoritaire des Français à ces mesures. Pour autant, "on ne peut pas balayer du revers de la main ces manifestants", qui expriment aussi une inquiétude quant aux restrictions de liberté. 

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"Ce qui est inquiétant", observait une troisième source au sein de l'exécutif, "c'est le degré de violences de certains, dans les mots et dans les faits. Un centre de vaccination vandalisé, ce sont des gens qui privent d'autres du droit de se vacciner." Cette même source assurait que le gouvernement restait vigilant, "mais pas d'inquiétude particulière". Car le risque, selon elle, serait plus grand d'avoir à imposer un nouveau confinement à cause du variant. 

En attendant, le gouvernement se rassure avec l'idée que l'adoption du pass sanitaire, même si la mesure est très contestée par LFI et le RN, devrait donner lieu à un relatif consensus au Parlement. À ce titre, le risque immédiat vient davantage de la rue que de l'opposition politique. 

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