Appel à un "big bang", note interne… Depuis les Européennes, la France insoumise dans la tourmente

Politique
DIVERGENCES - Les langues se délient et les sacs se vident depuis le mauvais score de la France insoumise aux élections européennes (6,31%). Plusieurs cadres du parti dénoncent notamment le manque de démocratie en interne.

Après la claque, le silence. Mis à part un commentaire le 26 mai au soir, pour souligner un résultat "très décevant", Jean-Luc Mélenchon ne s’est quasiment pas exprimé depuis l’élection européenne, où la France insoumise n’a récolté que 6,31% des suffrages. Samedi 1er juin, le député des Bouches-du-Rhône a néanmoins fait savoir sur son blog qu’il s’exprimerait après le 6 juin, une prise de parole particulièrement attendue alors que son parti traverse une bien mauvaise passe. A cause de la défaite bien sûr, mais aussi des remous en interne, qui se multiplient. 


C’est Clémentine Autain qui a ouvert les hostilités après la déroute, en critiquant la ligne du parti. "C'est évidemment un problème de ligne, de profil politique, de ce qu'on a donné à voir depuis deux ans", a-t-elle fustigé sur BFMTV au lendemain du scrutin. L’élue de Seine-Saint-Denis a depuis lancé un appel à un "big bang" pour construire un nouveau "cadre de rassemblement politique et citoyen", mardi 4 juin avec 1.000 autres militants et personnalités de gauche radicale. Parmi eux toutefois, aucun des 16 autres députés de la France insoumise, ce qui témoigne de son isolement.

Une note interne contre le manque de démocratie

Pour autant, Clémentine Autain est loin d’être la seule à critiquer la stratégie des Insoumis. Jeudi 6 juin, Le Monde a révélé une note interne, diffusée par 42 cadres et militants et critiquant point par point le fonctionnement interne du mouvement. "Les décisions stratégiques fondamentales sont finalement prises par un petit groupe de personnes" en l'absence d'"instance de décision collective", constatent les signataires. Dans leur viseur : Jean-Luc Mélenchon et certains de ses proches, comme Sophia Chikirou, conseillère en communication, les députés Alexis Corbière, Adrien Quatennens, Bastien Lachaud ou bien le chef opérationnel du mouvement Manuel Bompard. La note interne fait le lien entre le mauvais score aux Européennes et les méthodes de la direction, qui ont créé des  incertitudes propices aux "tiraillements programmatiques".

Mélenchon sur la sellette ?

Face à cela, que va décider Jean-Luc Mélenchon ? Va-t-il, à l’instar de ce qu’a fait Laurent Wauquiez avec les Républicains, se mettre en retrait ? "Je dirai mon appréciation du moment politique. Je proposerai une suite pour notre chemin et je dirai ce qu'il en sera pour moi", a-t-il mystérieusement annoncé. L’ancien candidat à la présidentielle pourrait choisir de quitter la présidence de son groupe parlementaire, au moins le temps, comme il aime à le dire, que "la poussière retombe". Interrogé par l’AFP, le député Eric Coquerel a laissé entendre qu’une passation à la tête du groupe était possible. Mais Jean-Luc Mélenchon a déjà prévenu : "Je ne déprime pas, je ne pars pas à la retraite. Je suis au combat et j’y resterai jusqu’à mon dernier souffle, si je le peux."

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