Appel de Patrick Balkany depuis sa cellule : il n'a pas annoncé sa candidature... Isabelle l'a fait pour lui

Appel de Patrick Balkany depuis sa cellule : il n'a pas annoncé sa candidature... Isabelle l'a fait pour lui
Politique

MUNICIPALES - Patrick Balkany souhaiterait se présenter à sa réélection à la mairie de Levallois lors des municipales de 2020. Sa candidature a été annoncée à sa majorité par Isabelle Balkany lors d'une réunion en huis clos mardi 3 décembre. La maire par intérim a ensuite eu son mari au téléphone, depuis sa cellule de prison, ce qui a été source de quiproquos dans la presse nationale.

Patrick Balkany sera-t-il candidat à la mairie de Levallois aux municipales de 2020 ? D'après sa majorité, il le souhaite. L'a-t-il annoncé par téléphone depuis sa cellule ? Pas exactement. Ce mardi 3 décembre, plusieurs articles de presse ont écrit que l'édile de 71 ans avait annoncé son souhait de candidater à sa réélection, en appelant son équipe depuis la prison de la Santé, où il est incarcéré depuis le 13 septembre. D'après Isabelle Balkany, contactée par LCI, cela "ne s'est pas du tout passé comme cela". C'est elle-même en réalité, qui a confirmé l'objectif de son mari.

La version d'Isabelle Balkany : une "non-nouvelle" annoncée par elle-même

"D’abord, [contrairement à ce qui a été dit dans la presse], ce n’était pas lors d'un conseil municipal mais une réunion de la majorité sur le budget", a tenu à préciser Isabelle Balkany. Les 49 élus de la majorité étaient donc réunis pour parler du budget de la ville. "Lors de cette réunion à huis clos, j’ai mentionné que Patrick conduira la liste aux municipales, mais c’est une non-nouvelle ! Il l’avait déjà dit au tribunal", assure l'actuelle maire par interim de Levallois.

"A la fin de cette réunion, j’ai dit aux équipes que Patrick souhaitait les remercier chaleureusement. Je leur ai dit d'attendre 5 minutes avant d'aller dîner, car Patrick allait peut-être appeler", relate encore Isabelle Balkany. En effet, seul Patrick Balkany peut appeler son épouse depuis sa cellule, depuis le fixe mis à sa disposition. Celle-ci ne peut donc pas le joindre, mais n'a pas à attendre longtemps pour avoir des nouvelles : lors de l’audience de ce lundi, l'avocat du couple affirmait que M. Balkany appelait sa femme "10 fois par jour".

Rien d'étonnant donc si quelques minutes plus tard, le téléphone sonne. "J’ai mis le haut-parleur, il a dit 'Alors ça s’est bien passé ? Je voulais remercier l’administration vous avez fait un boulot formidable'. Il a parlé de la réunion avant de dire 'Alors vous mangez quoi au dîner ?' Choucroute ! 'Ah bah moi c’est 2 œufs à la coque et des pâtes'", décrit Isabelle Balkany à propos de l'échange. "Il a parlé de repas et pas du tout de candidature, il n’a jamais mentionné qu’il était candidat, c’est moi qui l’ai dit lors de la réunion", assure-t-elle encore, insistant sur le fait que cette annonce soit en réalité "une non-nouvelle".

Déclarations au tribunal et version contradictoire

Si selon son épouse, cette candidature avait déjà été annoncée, les précédentes déclarations de Patrick Balkany à propos des municipales n'étaient pas vraiment aussi précises. Le 22 octobre, lors de sa première demande de remise en liberté, il s'était exprimé sur le sujet en ces termes : "les élections sont dans quelques mois, ce qui compte c’est de finir mon mandat et de préparer la suite, ma succession". Il indiquait alors "ne pas être sûr du tout" de se présenter. "Je sais très bien que même si j’allais à l’élection ça serait pour un an, donc ce qui compte c’est de préparer ma succession", maintenait-il encore.

Concernant la déclaration ou non par téléphone, BFMTV comme le journaliste de Marianne à l'origine de l'information, ont déclaré avoir appris de sources concordantes que l'ancien maire de Levallois avait fait l'annonce lui même. A l'inverse, Eva Haddad, une des maires adjointes présentes lors de la réunion, et Isabelle Balkany affirment le contraire. "Je leur ai confirmé qu'il y aurait une liste de la majorité municipale, une liste Balkany et que Patrick souhaite la conduire", insiste cette dernière.

Quid de l'inéligibilité ?

Patrick Balkany est détenu à la maison d'arrêt parisienne depuis sa première condamnation pour fraude fiscale, le 13 septembre. S'il a été condamné à cinq ans de prison, avec incarcération immédiate, il a également été condamné à dix ans d'inéligibilité ainsi qu'à dix ans d'interdiction de gérer une société. 

Or lui et sa femme, également condamnée, ont fait appel de toutes leurs condamnations, remettant en suspense le verdict. Si Patrick Balkany était à nouveau condamné à l'issue de ses procès en appel, il pourrait même se pourvoir en cassation, et ce recours suspendrait encore la peine d'inéligibilité. Une précision juridique que son épouse a bien en tête. "Par ailleurs, je vous rappelle que l’inéligibilité n’est applicable qu’après la décision de la Cour de Cassation", nous a-t-elle précisé d'elle-même. Les époux doivent être rejugés la semaine prochaine pour fraude fiscale et en février pour blanchiment aggravé.

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