Appels à la démission : Christophe Castaner à nouveau pris pour cible par l'opposition

Appels à la démission : Christophe Castaner à nouveau pris pour cible par l'opposition
Politique

FORCES DE L'ORDRE - Le mouvement de contestation dans la police contre Christophe Castaner a trouvé vendredi un écho à droite comme à gauche, avec plusieurs appels à la démission et une critique de son bilan.

C'est presque devenu une habitude. Un énième appel à la démission a été lancé vendredi dans l'opposition à Christophe Castaner, confronté à un mouvement de colère dans la police après l'annonce, lundi, de mesures pour sanctionner le racisme dans les rangs des forces de l'ordre.

"J'ai demandé dix fois sa démission, je peux la demander une onzième fois", a indiqué Marine Le Pen lors d'un déplacement au commissariat de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine). "Il est évident qu’il n’a jamais été à sa place, il l’est encore moins aujourd’hui", a jugé la présidente du Rassemblement national, qui accuse le patron de la place Beauvau d'avoir "lâché les forces de l'ordre" et dénonce "la présomption de culpabilité" qui découlerait des nouvelles mesures. 

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Marine Le Pen soutient des forces de l'ordre "lâchées par leur hiérarchie politique"

Des propos qui font écho aux déclarations des organisations syndicales. "Les flics de France ne considèrent plus Christophe Castaner comme le supposé premier flic de France. Il nous a lâchés lundi, il nous a jetés en pâture lundi", avait dénoncé la veille Yves Lefebvre, secrétaire général de Unité SGP Police, l'un des syndicats reçus par le ministre de l'Intérieur. 

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, comme le maire de Béziers Robert Ménard, se sont également rendus vendredi matin dans des commissariats de leurs secteurs avant d'apporter leur soutien aux policiers. 

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"Un ministre faible"

Même son de cloche, mais pour d'autres raisons, au sein de LFI. Alexis Corbière a estimé que Christophe Castaner était "un ministre faible qui doit démissionner, qui met en danger l'institution". Selon le député de Seine-Saint-Denis, le ministre "a tenu un discours tellement radical pendant des années", comme "ventriloque de ce que les syndicats de police demandaient", qu'il n'est "plus crédible" sur le sujet des violences policières. 

Son collègue, Eric Coquerel, a également jugé qu'il faudrait remplacer Christophe Castaner par "quelqu'un qui puisse ne pas représenter ce qu'a été la dérive de ce gouvernement depuis deux ans". 

"Rupture totale"

Le député LR Eric Ciotti, qui avait admis en début de semaine la possibilité de faire évoluer les techniques d'interpellation, mais critiqué le principe de "soupçon de racisme avéré", a jugé vendredi dans Le Figaro que la rupture était "totale et définitive" entre Christophe Castaner et les forces de l'ordre. 

"Quand on est ministre de l'Intérieur, on garde son sang froid dans la tempête", a-t-il estimé. "Il a cédé à la pression médiatique et mesure aujourd'hui les ravages de son discours." A travers le ministre, Eric Ciotti a également visé Emmanuel Macron. "J'espère qu'il sortira dimanche de son silence assourdissant pour dire que notre pays fait confiance à sa police et que chacun doit la respecter."

L'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a estimé sur Europe 1 qu'il y avait eu "des maladresses", attendant de Christophe Castaner qu'il "dise clairement que la police et la gendarmerie ne sont ni racistes, ni violentes". 

Les critiques fusent, y compris chez des soutiens de la majorité. Le président du Modem François Bayrou s'est rendu vendredi dans un commissariat de sa ville de Pau pour apporter son soutien aux forces de l'ordre et pointer, sans le nommer, le patron de la place Beauvau. "Mettre en accusation ces forces de sécurité et de police en laissant entendre qu'elles ne respectent pas les principes républicains, c'est extrêmement dangereux et c'est tout bénéfice pour ceux qui déstabilisent la société par leur violence", a déclaré ce soutien d'Emmanuel Macron. 

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