Après François Hollande, au tour de François Bayrou de mettre en garde Emmanuel Macron

Après François Hollande, au tour de François Bayrou de mettre en garde Emmanuel Macron

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INQUIÉTUDES - Libéré de ses fonctions gouvernementales, François Bayrou est dorénavant libre de commenter l'action de ses anciens collègues et du président de la République. Alors auprès d'un journaliste du Point, l'ex-ministres de la Justice a critiqué les méthodes du gouvernement et son amateurisme, estimant notamment que "l'opinion ne voit pas clairement la direction, le but, que l'on se fixe".

François Bayrou était resté discret depuis sa démission du gouvernement, le 21 juin dernier, après l'ouverture d'une enquête préliminaire portant sur les emplois présumés fictifs du Modem au Parlement européen. Mais depuis Pau, ville dont il est maire, l'ancien ministre de la Justice a reçu un journaliste du Point, à qui il a confié ses inquiétudes sur l'actuel gouvernement.

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François Bayrou, d’atout de choix à allier gênant pour Emmanuel Macron

Si François Bayrou avoue avoir régulièrement Emmanuel Macron au téléphone, il est plus sévère avec la méthode gouvernementale qu’avec le président. "L'opinion ne voit pas clairement la direction, le but, que l'on se fixe", dit-il pour souligner l’amateurisme qui règne parfois au sein de l’exécutif. "C'est un fondement démocratique que d'avoir un gouvernement de plein exercice. Il doit mêler des expériences différentes, des membres de la société civile comme des poids lourds politiques, mais il est important que ce soient eux qui dictent la ligne à l'administration de Bercy ou aux autres grands corps de l'État. Aujourd'hui, c'est là qu'il y a une difficulté : les hauts fonctionnaires semblent avoir plus de poids que par le passé." François Bayrou estime donc qu'Emmanuel Macron a raison, parfois, de remonter les bretelles de ses ministres, comme lorsqu'ils les avaient convoqué pour leur dire de ne pas se laisser "enfermer dans le confort des documents rédigés par (leurs) administrations", au risque de disparaître rapidement.

François Bayrou sévère avec la majorité présidentielle

François Bayrou doute également de la solidité de la majorité présidentielle. En privé il dit : "Elle est fébrile et manque de racines". Il ne se prive pas non plus pour dire tout le mal qu'il pense de Richard Ferrand, le président de cette majorité, avec qui il avait failli en venir aux mains lors de la cérémonie d'investiture.


Enfin, celui qui jure que son départ du gouvernement n'est pas sa plus grande tragédie mais un "désagrément" de plus dans sa carrière, ne juge pas que positivement les cent premiers jours du président de la République. "Une très grande partie de l'opinion publique fait crédit à Macron de sa nouveauté, de sa bonne volonté. Il y a ainsi un climat de bienveillance qui n'est pas une preuve d'engagement", analyse François Bayrou. En témoigne, d'après lui, "l'atmosphère suscitée par la baisse des APL, la hausse de la CSG et, en même temps, certains avantages fiscaux pour les plus favorisés". Un flottement qui a "fâché une partie des retraités et des fonctionnaires", estime celui qui rêve maintenant de faire émerger un nouveau bloc centriste fort et indépendant, et de constituer un groupe au Sénat.

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