Après l'attaque à Paris, la droite et l'extrême droite font fi de l'union nationale

DÉSUNION - Quelques minutes seulement après l’attaque au couteau survenue samedi soir à Paris, les réactions politiques se sont enchaînées. Mais les Républicains, Debout la France et le Front national ont tout de suite demandé des comptes au gouvernement, loin de l’union nationale habituellement de mise dans ces circonstances.

"C'est clair qu’à cette heure, il n’y a pas lieu de mener quelque polémique que ce soit, car ceux qui revendiquent cette attaque veulent nous diviser". Le député de La France insoumise Adrien Quatennens a du se sentir bien seul, ce dimanche, au lendemain de l'attaque au couteau survenue dans le 2e arrondissement de Paris. En effet, son appel indirect à l'union nationale, également passé par Jean-Luc Mélenchon sur TF1, n'avait pas vraiment été respecté par une partie de la droite et de l'extrême droite, qui n'ont pas perdu de temps pour taper sur le gouvernement. 

En vidéo

Jean-Luc Mélenchon : "Ce n'est vraiment pas le moment de la polémique"

En effet, samedi soir, ces derniers ont tout de suite demandé des comptes au gouvernement. La présidente du Front national Marine Le Pen tweetait ainsi, très rapidement après l'attaque : "Le peuple français ne se contentera plus de commentaires. Ce sont des actes qui sont attendus !" Et d'enchaîner, accusatrice, à mesure que s'accumulaient les nouvelles informations sur Khamzat Azimov, l'auteur de l'attaque : "Maintenant nous attendons une information essentielle. Par quelle filière ce terroriste islamiste et sa famille sont-ils présents sur notre territoire ?" "On apprend une nouvelle fois que le terroriste serait fiché S. A quoi peut bien servir cette fiche S si on ne s’en sert pas pour mettre ces bombes à retardement hors d’état de nuire sur le sol français ?" a-t-elle poursuivi. 

La finaliste de la dernière élection présidentielle ne s'arrêtait pas là. A Benjamin Griveaux qui, sur le plateau de LCI, déplorait que le "risque zéro" n'existait pas et que "des mesures sorties du chapeau" ne suffiraient pas à régler le problème, elle a répliqué : "Les propos de monsieur Griveaux sont tout à fait irresponsables, indécents. […] Le fait de dire qu’on ne peut rien faire est non seulement un mensonge, mais surtout une flagrante preuve d’incompétence".

En vidéo

Marine Le Pen sur LCI : "Le fait de dire qu’on ne peut rien faire est un mensonge et une preuve d’incompétence"

Wauquiez et Dupont-Aignan ressortent leurs propositions

Dans un vocabulaire très proche de celui de Marine Le Pen, le président des Républicains Laurent Wauquiez a lui aussi attaqué l'exécutif. "Dans la guerre contre le terrorisme, les mots ne suffisent pas, il faut des actes", a-t-il réagi sur Twitter après l'attaque. Ce dimanche, il a publié un communiqué dans lequel il dit attendre du gouvernement la mise en place de "l'ensemble des mesures qui s'imposent et que nous demandons depuis des mois". A savoir : l’internement préventif des fichés S les plus dangereux, l’expulsion de ceux qui n’ont pas la nationalité française ou la création d’un délit d’incitation à la haine de la France. "Il n'y a plus de place pour cet aveuglement et cette inaction qui n'ont que trop duré", a-t-il ajouté en s'adressant au président de la République.

Autre responsable politique d'envergure à droite, Nicolas Dupont-Aignan a envoyé dans la nuit un communiqué dans lequel il dénonce "l'inaction de l'Etat". "Devant la gravité de la situation, je demande au gouvernement de rétablir l’État d’urgence et de prendre de vraies mesures contre le terrorisme", écrit le président de Debout la France, avant d'en lister 25. L'ancien allié de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle souhaite la mise en place d’un "véritable contrôle aux frontières nationales" et la suppression des accords de Schengen, l’autorisation du port permanent de l’arme 24h/24 et 7j/7 pour les personnes habilitées susceptibles de riposter en temps réel à une attaque terroriste (déjà autorisé pour les policiers par les récentes lois sur la légitime défense des policiers), ou encore la fermeture "des mosquées où est prêchée la haine".

Un précédent : les attentats de Trèbes et Carcassonne

Cette désunion chez les dirigeants politiques était déjà apparue lors des attentats de Trèbes et Carcassonne. Laurent Wauquiez, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan avaient déjà choisi cet événement pour mettre en avant les mesures qu'ils estiment nécessaires pour éviter ces attaques, notamment l'internement des fichés S les plus dangereux et l'expulsion de ceux ayant une double nationalité.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Attaque au couteau à Paris

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter