Après l'attentat de Strasbourg, des responsables politiques appellent les Gilets jaunes à la "trêve"

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La colère des Gilets jaunes

ARRÊT - Alors que mardi soir une fusillade a fait plusieurs victimes près du marché de Noël de Strasbourg, la ministre de la Justice Nicole Belloubet ainsi que plusieurs membres du parti Les Républicains ou du Rassemblement national appellent les Gilets jaunes à suspendre leur mouvement.

Les appels au calme viennent presque uniquement du côté droit de l'échiquier politique. "Une trêve s'impose, par respect en la mémoire des victimes, et parce que nos forces de l'ordre sont mobilisées", a ainsi déclaré le vice-président des Républicains Damien Abad sur Sud Radio ce mercredi matin, au lendemain de la fusillade qui a fait plusieurs victimes à Strasbourg. 

Pour le député LR, après l'attaque, "on a besoin d'un appel au calme, aux responsabilités, et on a besoin qu'une trêve s'impose car il faut qu'on protège aussi nos forces de l'ordre, qu'on assure la sécurité". Il estime que "les Français ne comprendraient pas que nos forces de police ne soient pas pleinement mobilisées sur cette lutte contre le terrorisme".

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Il me paraît urgent de suspendre ce mouvement."- Christian Estrosi

Christian Estrosi, maire de Nice, a lui aussi tenu un discours similaire ce mercredi matin sur Europe 1. "J’appelle à la responsabilité de chacun, le mouvement des Gilets jaunes ne peut que se grandir si lui-même appelle à cette même responsabilité", a déclaré l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy. "Face à la menace que nous connaissons aujourd’hui, il me paraît urgent de suspendre ce mouvement, je dis bien de suspendre, ce qui n’empêche pas de continuer sous d’autres formes le dialogue. Nous sommes en période de fêtes de fin d’année et il y a des dangers importants que court notre pays, que courent les Françaises et les Français."

Depuis le Parlement européen, l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a déclaré sur LCI : "J’appelle, comme ma famille politique, comme les Républicains (…) à l’apaisement, et donc nous souhaitons notamment que les (…) Gilets jaunes suspendent leurs initiatives à l’occasion de ce prochain week-end".

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Après la fusillade de Strasbourg, Hortefeux appelle les Gilets jaunes à suspendre les manifestations

Dès mardi, avant l'attaque à Strasbourg, le président du parti Laurent Wauquiez avait appelé les Gilets jaunes à ne pas manifester samedi, estimant qu'"on ne construira rien sur des décombres" dans une allusion aux violences survenues lors des derniers rassemblements. "Mon souhait est que samedi prochain, il n'y ait pas de manifestations. J'ai soutenu les Gilets jaunes mais je ne peux pas rester silencieux quand je vois la France s'abîmer. (...) Notre responsabilité, c'est l'intérêt de la France", avait-il déclaré. 

Difficile de manifester samedi, selon le RN

Invité de LCI ce mercredi matin, le porte-parole du Rassemblement national (RN, ex-Front national) Sébastien Chenu a, lui, jugé qu'il était "difficile" qu'il y ait "des Français dans les rues, sur les rond-points", après l'attaque de Strasbourg. Rappelant que son parti soutenait les revendications des Gilets jaunes mais n'avait jamais donné de consignes, il a souligné qu'il n'allait "pas (leur) donner d'ordre de rentrer chez eux ou continuer à manifester". Et d'ajouter : "Chacun doit prendre ses responsabilités, il ne faut pas rajouter de difficulté aux difficultés. Si nous entrons dans une situation d'urgence, extrêmement tendue, à la recherche d'un terroriste, je crois difficile de mélanger les choses (...) à partir du moment où la menace terroriste devient extrêmement prégnante, inquiétante".

Un peu plus tôt, Marine Le Pen, présidente du RN, avait "suppos(é) que les manifestations des Gilets jaunes ne pourront pas avoir lieu samedi", la France étant placée en "urgence attentat". 

"Indécent" pour Clémentine Autain

La ministre de la Justice Nicolas Belloubet a elle aussi considéré que "le mouvement (devait) cesser". Ce qui lui a valu des critiques du côté de La France insoumise. "Les Gilets jaunes ne sont pas responsables de la fusillade. Pourquoi instrumentaliser l'événement dramatique de Strasbourg, qui mérite plutôt une communion républicaine, pour régler un conflit social et politique ? Cela me parait indécent", lui a répondu la députée LFI Clémentine Autain.

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