Après l'affaire Baupin, le groupe écolo se disloque à l'Assemblée nationale

Après l'affaire Baupin, le groupe écolo se disloque à l'Assemblée nationale
Politique

DIVORCE - Six députés sur seize ont annoncé ce jeudi qu'ils quittaient le groupe écologiste pour la majorité socialiste à l'Assemblée nationale, consommant la rupture entre députés pro et anti-gouvernement. Or, pour conserver un groupe, il faut au moins 15 élus.

L'affaire Baupin aura été l'étincelle finale. Après la mise en retrait du député , mis en cause par des témoignages d'élues l'accusant de harcèlement, l'équilibre fragile au sein du groupe écologiste s'est définitivement rompu.

Jeudi 19 mai, six députés (François de Rugy, Eric Alauzet, Christophe Cavard, François-Michel Lambert, Véronique Massonneau, et Paul Molac) ont annoncé dans un communiqué qu'ils quittaient le groupe écolo pour rejoindre le groupe majoritaire socialiste, rebaptisé "socialiste, écologiste et républicain". Les dix collègues restants, parmi lesquels l'ex-ministre Cécile Duflot et le député de Gironde Noël Mamère, ne peuvent constituer à eux seuls un groupe à l'Assemblée, le seuil minimal étant fixé à 15 . A moins de débaucher des frondeurs ayant quitté le groupe socialiste, ou bien de rejoindre le banc des députés Front de gauche, ils devraient se retrouver parmi les "non-inscrits".

"Dérive sectaire"

Dans leur communiqué, les députés démissionnaires règlent leurs comptes avec EELV, accusant le parti écolo de "dérive sectaire" et d'avoir refusé le "rassemblement des forces de progrès" derrière l'action gouvernementale. Cécile Duflot et ses proches y sont également accusés de "cultiver les divisions au sein de la gauche". Les intéressés n'avaient pas officiellement réagi, ce jeudi soir. La sénatrice écologiste Esther Benbassa a pris leur défense sur Twitter.

Cette clarification a été précipitée par la nomination de François de Rugy, député pro-gouvernement, à la vice-présidence de l'Assemblée nationale. A la place de ce dernier, c'est Véronique Massoneau qui avait été proposée par les "réformistes" pour assurer la co-présidence du défunt groupe avec Cécile Duflot. Ce que cette dernière avait refusé, estimant l'équilibre rompu.

Outre le fait de mettre brutalement une dizaine de collaborateurs au chômage, la disparition du groupe apparaît comme un nouveau signal délétère envoyé aux sympathisants d'EELV, qui ne compterait plus que 6000 à 8000 adhérents , contre 15.000 à son apogée, en 2011.

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