Après le drame de Bas-en-Basset, Cazeneuve veut réguler internet

Politique

FAIT DIVERS - Au gouvernement comme dans l'opposition, les responsables politiques ont pointé ce lundi la responsabilité d'internet après le drame de Bas-en-Basset qui a fait trois morts, samedi. Le ministre de l'Intérieur appelle, une nouvelle fois, à une régulation du réseau mondial.

Bernard Cazeneuve n’est pas un grand fan de " l’internet numérique " comme il l'appelle, qu'il soupçonne d'être un lieu de radicalisation . Quarante-huit heures après le drame de Bas-en-Basset, en Haute-Loire, où trois adolescents ont trouvé la mort, le ministre de l’Intérieur a pointé du doigt, sur BFMTV, le réseau mondial et expliqué qu’internet "est un espace qui doit être régulé".

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Le ministre de l’Intérieur embraye ainsi sur les propos du vice-procureur de la République qui a expliqué, dimanche, que l’explosion qui a tué les adolescents était très probablement due à une manipulation chimique destinée à se fabriquer des fumigènes artisanaux. Une pratique "imbécile conseillée par des gens irresponsables" sur internet, a dénoncé le parquet du Puy-en-Velay, qui envisage même de poursuivre le blogueur ayant mis en ligne la recette pour fabriquer ces fumigènes, sous réserve de pouvoir être identifié.

La vaste question de la régulation d'internet

Et pour Bernard Cazeneuve, derrière le drame, se pose bien la question de la régulation d'internet. "Des jeunes auraient récupéré sur internet des informations concernant la constitution d’explosifs [...] Je crois que ça renvoie, ce sujet comme d’autres d’ailleurs, à la manière de réguler internet" assure-t-il. Une volonté qu'il avait déjà affiché, et assumé, pendant les débats, agités, précédant l’adoption de la loi sur le renseignement. Il expliquait alors qu'"on ne combat pas le terrorisme  sans régulation d'Internet ".

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Le ministre de l'Intérieur a ensuite établi un parallèle avec le projet de loi contre le terrorisme et celui sur le renseignement, et assure qu'il "faut que nous regardions quelle est la suite judiciaire, lorsque des individus sur internet diffusent des informations qui peuvent aboutir à ce type de drame. Il y a une enquête en cours mais, à partir du moment où des informations diffusées sur internet aboutissent à de tels drames, je pense qu’il y a des questions, notamment au regard du droit, y compris au regard du droit pénal, qui peuvent être posées".

L'opposition raccord avec Cazeneuve

Quelques minutes plus tôt, sur France Info , Xavier Bertrand, l’ancien ministre du travail et candidat Les Républicains à la présidence de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, pointait du doigt, lui aussi, internet qui est derrière ce "drame terrible". Si certains sont à l’origine de ce drame parce qu’ils ont diffusé des informations, parce qu’ils ont incités, ça sera aussi à ceux-là de répondre de leurs actes" tempête-t-il. 

(A écouter en tout début d’interview)


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