Après le remaniement, Cécile Duflot érafle Hollande

Après le remaniement, Cécile Duflot érafle Hollande

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EXPLICATIONS – L'ancienne ministre du Logement, Cécile Duflot, s'est expliquée dans les colonnes de Libération vendredi, à la suite de son refus de rempiler avec le nouveau gouvernement de Manuel Valls. Elle y dénonce notamment l'incapacité de François Hollande à changer de cap.

L'heure est aux explications pour Cécile Duflot. Alors que l' ancienne ministre du Logement du gouvernement Ayrault avait annoncé sa décision , lundi, de ne pas participer au gouvernement de Manuel Valls, elle justifie son geste dans une interview livrée à Libération vendredi. L'ancienne ministre y pointe une "désagrégation politique". A la question de savoir pourquoi elle a quitté le gouvernement, à l'heure où on lui proposait un ministère de l'Ecologie et de l'Energie, elle répond que ce dernier a subi un "tsunami électoral" à la suite duquel "ne rien faire aurait constitué une erreur".

"Depuis des mois, je réclamais un changement de cap, ajoute-t-elle. J'ai cru que la défaite obligerait l'exécutif à bouger". Mais, selon l'ancienne ministre, "la seule réponse apportée a été un casting et l'affirmation, par le nouveau Premier ministre, de la continuité". "J'ai dû en tirer les conséquences", affirme-t-elle. Car pour elle, "avoir un ministère de l'Écologie sans ce changement de cap, c'est avoir un couteau sans lame". Et de préciser : "Etre ministre, ce n'est pas un titre, c'est avoir les moyens de changer les choses. Le choix était entre une social-orthodoxie et la social-écologie".

Passer de "déclarations d'intention" aux "actes"

Interrogée sur la capacité de François Hollande et Manuel Valls à réaliser la transition écologique, l'ex-ministre du Logement estime que "le temps n'est plus aux déclarations d'intention. Il faut passer aux actes". Pour elle, il ne faut pas "tenter une énième synthèse au trébuchet entre le productivisme de Bercy et l'écologie". "Choisir la social-écologie, cela veut dire ne pas seulement préserver un modèle obsolète, mais préparer un avenir intense en emplois, où l'on produit et consomme différemment", explique-t-elle.

"Pour cela, il faut que l'objectif soit partagé, piloté par une équipe cohérente qui lui donne de la crédibilité" reconnaît Cécile Duflot, ajoutant que sa décision de quitter son poste a été "douloureuse" mais "nécessaire". Elle dit entendre désormais "jouer pleinement (son) rôle comme députée de la majorité" alors qu'elle devrait intégrer l'Assemblée au détriment de la députée PS de Paris Danièle Hoffman-Rispal, qui était sa suppléante en 2012.

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