Après sa condamnation, l'hypothèse d'un retour de Sarkozy en politique s'éloigne

Après sa condamnation, l'hypothèse d'un retour de Sarkozy en politique s'éloigne

REVERS - Alors qu'une partie de la droite voyait Nicolas Sarkozy comme possible tête d'affiche pour 2022, sa condamnation à trois ans de prison dont un an ferme ce lundi assombrit son avenir politique.

Il n'en a jamais exprimé l'envie lui-même. "J’avais dit que je ne serai pas candidat à l’élection présidentielle, je le maintiens", confirme-t-il ce mardi dans une interview au Figaro. Mais à droite, certains commençaient à évoquer l'hypothèse Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2022. Alors qu'aucune candidature naturelle ne se détache chez les Républicains, le retour de l'ancien chef de l'État sur le devant de la scène politique aurait pu mettre tout le monde d'accord. Mais sa condamnation à trois ans d'emprisonnement dont un an ferme pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire des "écoutes" ce lundi 1er mars assombrit l'avenir politique de l'ancien président de la République. Notamment parce que l'appel formulé par son avocate repousse d'environ un an - soit le printemps 2022 - la tenue d'un nouveau procès. 

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Affaire des "écoutes" : Nicolas Sarkozy condamné en première instance

Interrogé par l'AFP, le politologue Pascal Perrineau confirme que le jugement de ce lundi "va avoir un impact sur la droite, car Nicolas Sarkozy apparaissait à certains comme un recours" à l'approche de 2022. "Sarko a très envie de revenir", affirmait récemment un cadre de LR. "Pour beaucoup d'électeurs, il reste une référence et une espérance", estimait un autre. Selon un troisième, l'ancien chef de l'État considérait que "dans une campagne un peu 'blitzkrieg' sans gauche ni droite, où on est en période de crise, on va chercher un homme d'expérience".

D'autres, toujours cités par l'AFP, se voulaient lundi plus nuancés : "Nicolas Sarkozy se voyait bien jouer un rôle éventuel de lien avec LR au sein d'une grande coalition derrière Emmanuel Macron", selon un élu. "Il a été vu comme un recours, mais n'a jamais été le front runner", ajoutait un député.

Selon Pascal Perrineau, même s'il n'avait pas l'intention de revenir, Nicolas Sarkozy "préférait laisser cette petite chanson infuser. Là, ça va devenir beaucoup plus compliqué". Car si en politique, on n'est jamais mort, "pour 2022 il est profondément affecté". Outre un nouveau procès dans l'affaire des "écoutes", se tiendra du 17 mars au 15 avril prochain le procès Bygmalion portant sur les frais de sa campagne présidentielle de 2012, dans lequel Nicolas Sarkozy est mis en examen pour "financement illégal de campagne".

Le traumatisme Fillon 2017

Signe que les Républicains souhaitaient garder disponible l'hypothèse Nicolas Sarkozy, beaucoup ont dénoncé le caractère politique du jugement du tribunal. "Il n’est pas bon que la justice se mêle de politique. Or le sentiment qu’on a aujourd'hui c’est que la justice a fait de la politique dans cette affaire", a déclaré le maire de Nice, Christian Estrosi, sur France 2. "Il est des juges qui utilisent la justice à des fins politiques", a estimé sur LCI le vice-président des Républicains Guillaume Peltier. "Notre justice est détournée à des fins politiques, avec le Parquet national financier comme porte-étendard", a aussi fustigé le député LR du Nord Pierre-Henri Dumont.

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Pour la droite, le traumatisme François Fillon n'est pas loin. "En 2017 déjà les choix du PNF ont décidé de la présidentielle", a déclaré le député d'Eure-et-Loir, Olivier Marleix, en allusion à l'enquête pour soupçons d'emplois fictifs ouverte sur l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy quelques mois avant la présidentielle. 

Même Marine Le Pen, d'ores et déjà candidate pour 2022, a déclaré ce mardi qu'elle "ne souhaitait pas" que "les magistrats fassent la primaire de la présidentielle". Selon elle, "si Nicolas Sarkozy souhaite être candidat à la présidentielle, il doit l'être, il devrait l'être malgré la condamnation, dont je rappelle qu’elle n’est pas définitive".

S'il rejette l'idée d'être la tête d'affiche de sa famille politique, Nicolas Sarkozy confirme au Figaro qu'il jouera un rôle lors de la prochaine élection présidentielle, en soutenant un candidat. "J’ai dit que j’avais tourné la page de la politique active, ce qui ne veut pas dire que je ne dirai pas ce que je pense au moment des échéances électorales, l’année prochaine. Je suis trop attaché à la France pour être indifférent à ce qui se passe et à la gravité de la situation. Mais pour moi, relaxe ou pas, cela n’a rien changé politiquement", assure-t-il.

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