Après un courrier anonyme mêlant insultes racistes et menaces de mort, le député LaREM Jean-François Mbaye va porter plainte

Politique

RACISME - Le député LaREM Jean-François Mbaye a relayé sur son compte Twitter un courrier anonyme qui lui a été adressé à l'Assemblée nationale, mêlant insultes racistes et menaces de mort. Il a indiqué son intention de porter plainte.

"De quel droit un Africain vient se mêler des problèmes de la France ?" Voici comment débute l'odieux, violent et raciste courrier anonyme reçu par Jean-François Mbaye, député La République en marche de la 2e circonscription du Val-de-Marne. "Tu es ce qu’on appelle un ‘noir de service’, comme ceux que l’on case dans les pubs afin de faire croire que les Français ne sont pas racistes", continue l'auteur de la lettre.

Toujours dans ce courrier rendu public ce vendredi 4 janvier par le député sur son compte Twitter, on peut lire : "Macron avait du mal à trouver des députés, il a recruté dans les laissés pour compte du pays", avant de nommer les députés Laetitia Avia (qui a déjà fait l'objet de propos racistes) et Hervé Berville. S’en suit également une longue liste d’insultes et inepties sur les Africains.

"Tu vas mourir !"

A la fin de la lettre, dans laquelle le nom de Jean-François Mbaye est mal orthographié, les insultes racistes sont combinées à des menaces de mort. "Les Français en ont plus que marre et ce n’est que le début. En 1962, les Algériens ont dit aux colons ‘C’est la valise ou le cercueil’. Mbaye, on te dit la même chose et comme tu ne vas pas obtempérer, on va tout simplement te mettre une balle dans la tête, le climat actuel s’y prête bien, les victimes d’accidents de chasse augmentent…. Tu vas mourir !"

Dans son post Twitter, le député du Val-de-Marne indique qu'il portera plainte. "Je suis encore plus déterminé à éradiquer le fléau raciste de notre beau pays la France" écrit-il également, assurant n'être ni "choqué" ni "apeuré" par ces menaces.

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Plusieurs députés ont apporté leur soutien à Jean-François Mbaye, notamment le ministre de la Transition écologique et ancien président de l'Assemblée nationale François de Rugy. "Nous ne laisserons pas la haine se déchaîner dans notre pays. Liberté, égalité, fraternité sont plus que jamais nos valeurs !" a-t-il écrit. Le nouveau délégué général de La République en marche Stanislas Guerini a adressé à son collègue un message similaire : "Nous sommes en 2019. Ne relâchons jamais la garde contre le racisme et la violence." "Je n’ai pas de mot assez dur ou assez fort pour qualifier cette lettre abjecte. Mais il y en a un pour la combattre : la République !" a elle écrit la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

La LICRA (ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) s'est également montrée solidaire. "Soutien total. La LICRA est à vos côtés pour faire condamner ces sycophantes racistes et vénéneux !" a-t-elle tweeté. SOS Racisme a également réagi dans un communiqué. "En France, en 2019, certains n'arrivent toujours pas à digérer que des noirs - à leurs yeux d'éternels nègres irrémédiablement sauvages et arriérés - puissent être des représentants de la Nation". Cette "attaque subie rappelle celles - bien plus massives et hargneuses - contre Christiane Taubira et tant d'autres", souligne l'association qui dénonce des "propos d'un racisme débridé".

Ce vendredi, des députés LaREM ont également vu leur permanence être dégradée. Les députés La République en marche Olivia Grégoire et Sacha Houlié ont allongé vendredi la liste des élus de la majorité victimes de menaces et dont la permanence a été dégradée depuis le début mouvement de contestation des "Gilets jaunes". Les élus de Paris et de la Vienne ont porté plainte après avoir constaté les dégâts - des graffitis inscrits sur leurs portraits, essentiellement - commis contre leurs permanences de Paris et Poitiers, respectivement.

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