Vers l'armement obligatoire des policiers municipaux ?

Politique
DirectLCI
PROPOSITION - Un rapport parlementaire remis ce mardi à Edouard Philippe propose d'armer la police municipale de manière systématique "sauf décision motivée du maire". Longtemps objet de polémique, cette proposition intervient sur fond de mise en oeuvre de la police de sécurité du quotidien (PSQ) et de menace terroriste persistante.

Faire de l’armement de la police municipale la règle et non plus l'exception. C'est l'une des propositions du rapport parlementaire sur le continuum de sécurité remis ce mardi à Edouard Philippe. Le cas échéant, seule une "décision motivée du maire" pourrait justifier le non respect de cette obligation, ce qui représenterait un renversement de la règle actuellement en vigueur. 


Si l'armement des policiers municipaux a longtemps été objet de polémique, il "entre progressivement dans les usages", sur fond de mise en oeuvre de la police de sécurité du quotidien (PSQ) et de menace terroriste persistante, dédramatisent Jean-Michel Fauvergue (Seine-et-Marne) et Alice Thourot (Drôme), les deux rapporteurs. "Il ne s'agira pas nécessairement d'imposer l'armement permanent de tous mais bien d'acter le fait que tous peuvent être en situation de l'être", écrivent-ils.


Selon des données de 2016 du rapport, 84% des effectifs de police municipale (18.044) étaient déjà équipés d'une arme, quelle que soit la catégorie (de la bombe lacrymogène au calibre 38). 9.434 étaient dotés d'une arme à feu (44% des effectifs). 1.804 étaient dotés de pistolets à impulsion électrique.


Outre l'armement obligatoire des policiers municipaux, le document comporte 77 autres propositions pour favoriser la "coproduction de sécurité" entre police et gendarmerie nationales, polices municipales et acteurs de la sécurité privée.  

La sécurité privée, "un partenaire incontournable"

Parmi d'autres mesures visant à conforter la place des polices municipales dans le paysage sécuritaire français, les députés listent le développement de polices municipales intercommunales, la création d'une école nationale, mais aussi la possibilité de consulter directement, mais sous conditions, certains fichiers de police, y compris le fichier des objets et des véhicules signalés (FOVeS) et le fichier des personnes recherchés (FPR).  Pour rappel, le gouvernement avait donné son feu vert en mai dernier à l'accès des policiers municipaux et des gardes champêtres aux fichiers des immatriculations et des permis de conduire.


La mission parlementaire s'est également penchée sur "les mondes" de la sécurité privée (160.000 personnes), "un partenaire incontournable" mais aussi un secteur "éclaté" avec de "grandes fragilités", avait souligné un récent rapport au vitriol de la Cour des Comptes. Les députés souhaitent notamment faciliter l'équipement des agents de sécurité 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter