Arrêté en Allemagne, que risque Carles Puigdemont, l'ex-président indépendantiste catalan ?

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ET MAINTENANT ? - Sous le coup d'un mandat d'arrêt européen lancé par l'Espagne, l'ancien leader indépendantiste catalan a été interpellé ce dimanche en Allemagne. S'il est extradé, il risque une peine allant jusqu'à 30 ans de prison pour rébellion et sédition pour son rôle dans l'organisation du référendum sur la sécession de la Catalogne.

Son arrestation a mis fin à une cavale de cinq mois à travers l'Europe. Ce dimanche matin, l'ancien président indépendantiste

(sous le coup d'un mandat d'arrêt européen) de la Catalogne a été interpellé par la police  autoroutière du Schleswig-Holstein (Allemagne), près de la frontière avec le Danemark. 


Il est détenu, selon l'agence allemande DPA, dans la prison de Neumünster, ville du nord de l'Allemagne où il doit comparaître ce lundi afin d'établir son identité et de décider d'un maintien ou non en détention, rapporte l'AFP.  "Il a été bien traité et ses avocats sont-là bas, c'est tout ce que je peux dire", a ajouté la porte-parole de son parti, Anna Grabalosa.

60 jours pour décider ou non l'extradition

S'il est remis à l'Espagne, Puidgemont pourrait être jugé pour "rébellion". Les juges espagnols lui reprochent notamment l'organisation du référendum d'indépendance anticonstitutionnel et d'une manifestation dix jours avant ce scrutin, au cours de laquelle des milliers de militants avaient occupé un bâtiment public. Cette condamnation pour "rébellion" peut coûter jusqu'à 30 ans de prison en Espagne. Ce n'est que dans les jours ou semaines à venir que la justice allemande tranchera pour savoir si elle le remet ou non à Madrid. La procédure peut durer jusqu'à 60 jours.


On saura "entre aujourd'hui et demain" (ce lundi et mardi) si Carles Puigdemont sera écroué en attendant l'examen du mandat d'arrêt européen sur la base duquel il a été arrêté, assure pour sa part son avocat en Espagne, Jaume Alonso-Cuevillas à la radio catalane Rac1

Mécanique d'une arrestation

Alors que Puigdemont s'était notamment réfugié en Belgique en octobre 2017 (peu après la proclamation symbolique de l'indépendance par le Parlement catalan et la reprise en main de la région par le pouvoir central espagnol), la situation à Barcelone a basculé. En effet, ce vendredi, la Cour suprême espagnole a confirmé des poursuites pour "rébellion" contre 13 indépendantistes catalans (dont Carles Puigdemont, fait partie), et émis ou réactivé des mandats d'arrêt européens contre six d'entre eux qui avaient fui à l'étranger. Cinq autres indépendantistes, dont Jordi Turull, candidat à la présidence de l'exécutif catalan, ont par ailleurs été interpellés et placés en détention. 


Suite à ces décisions, de violentes manifestations (où 90 personnes ont étés légèrement blessées, dont 22 policiers) ont éclaté  à Barcelone. Ce dimanche, après l'annonce de l'arrestation de l'ancien président de la "Generalitat de Catalunya", de nouveaux appels à manifester ont été émis dans la ville.

Sur le plan politique, les indépendantistes ont conservé la majorité absolue au parlement catalan après les élections du 21 décembre. S'ils n'arrivent pas à faire élire un président avant le 22 mai, de nouvelles élections seront automatiquement convoquées. Et tant qu'elle n'aura pas de président et de gouvernement, la Catalogne restera sous la tutelle de Madrid, imposée après la déclaration d'indépendance.

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