Un député accusé de harcèlement sexuel par son ancienne assistante parlementaire

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DROITS DES FEMMES - Dans le "Journal du dimanche", une ex-attachée parlementaire recrutée en 2017 affirme avoir été harcelée par le député qui l’a employée pendant trois mois.

"En politique, il y a toujours des harceleurs", affirme Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, dans une interview au Journal du dimanche. Et effectivement, toujours dans les colonnes du journal, une ancienne attachée parlementaire raconte comment son ancien patron, un député siégeant actuellement sur les bancs de l'Assemblée nationale, l'a harcelée pendant trois mois. 


L’ex-attachée parlementaire explique que les remarques déplacées ont débuté dès le début de sa collaboration avec le député, à la signature de son contrat. L'homme lui faisait régulièrement des propositions de plus en plus explicites, lui envoyait par SMS "des milliers de bisous doux", lui disait qu’il "pense tout le temps à" elle. Un jour, alors qu’elle est dans l’avion, elle reçoit : " S’envoyer en l’air toute seule, c’est dommage". L’homme demande à dormir chez elle ou à ce qu’ils partagent une même chambre lorsqu’ils sont en déplacement.

"Il savait à quel point j'avais besoin de cet emploi"

La jeune femme est gênée et outrée par ce comportement, mais elle n'ose pas remettre en place son employeur, de peur de perdre son job. "J’étais en position de faiblesse et il savait à quel point j’avais besoin de cet emploi. Ça m’a servi de leçon. Aujourd’hui je suis glaciale dans mes relations professionnelles avec des hommes", déclare-t-elle au JDD.


Puis petit à petit, au bout de trois mois de collaboration, le député en vient aux gestes : il agresse physiquement son assistante parlementaire, en plaçant une main en bas de son dos ou sur sa cuisse. Là elle ose lui dire que ces gestes doivent s'arrêter, mais rien n'y fait. Quelques semaines plus tard, le député va plus loin. "Nous étions seuls dans son bureau, à l’Assemblée. Il s’approche de moi, pose ses mains sur ma taille, remonte jusqu’à ma poitrine. Je le bouscule, sors en pleurant de la pièce et je fais tout pour ne pas y revenir jusqu’à la fin de la journée." L'ex-attachée parlementaire explique avoir été "mise au placard" après cette agression. Puis l’élu met fin à son contrat ; elle est persuadée que c’est parce qu’elle a refusé ses avances.


Dans le JDD, la mère de famille explique qu'elle a alerté la déontologue de l’Assemblée nationale Agnès Roblot-Troizier pour lui demander de convoquer l’élu. Sans succès. Elle dit aussi ne pas vouloir porter plainte, de peur d’être attaquée en diffamation faute de preuves. Elle assure ne pas avoir les moyens financiers de se lancer dans des procédures judiciaires.

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