"Attaque à la laïcité", "du vent sur des braises chaudes" : l'interdiction des signes religieux à l'Assemblée agace certains députés

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VIDÉO - Le port de tout signe religieux "ostensible" par les députés est désormais interdit dans l'hémicycle du Palais Bourbon, suite à une décision du bureau de l'Assemblée. Une nouvelle règle qui a provoqué la colère de certains députés PS et LR.

Nouveau 'dress code' à l'Assemblée nationale. La tenue vestimentaire des députés dans l'hémicycle du Palais Bourbon devra rester "neutre" et "s'apparenter à une tenue de ville", selon un communiqué de la présidence publié mercredi. Autre mesure : le port de tout signe religieux "ostensible" est désormais interdit.


"La tenue vestimentaire adoptée par les députés dans l'hémicycle doit rester neutre et s'apparenter à une tenue de ville. Elle ne saurait être prétexte à l'expression d'une quelconque opinion. Est ainsi notamment prohibé le port de tout signe religieux ostensible, d'un uniforme, de logos ou messages commerciaux ou de slogans de nature politique", précise le texte. Aucune disposition réglementaire ne précisait jusqu'alors la tenue vestimentaire des députés ou sénateurs, seule étant demandée traditionnellement "une tenue respectueuse des lieux". 

Le bureau de L'Assemblée nationale considère que dans l'hémicycle, là où le peuple français se réunit, l'expression ostentatoire d'une croyance est interditeFrançois Pupponi, député Nouvelle Gauche

Concernant plus précisément les signes religieux, il ne s'agit pas de "raviver" des débats sur la laïcité, avait précisé en amont la présidence. Pas de quoi apaiser les esprits pour autant. Ce mercredi, plusieurs députés ont dénoncé avec véhémence la mise en place de cette mesure.


C'est le cas du député Nouvelle Gauche François Pupponi qui se dit "surpris" et "catastrophé" que l'on touche "au principe de laïcité". "Le bureau de l'Assemblée nationale considère que dans l'hémicycle, là où le peuple français se réunit, l'expression ostentatoire d'une croyance est interdite, s'est agacé le parlementaire. Donc on s'attaque au principe d'une laïcité d'une manière extrêmement, très forte qui aurait nécessité un débat au sein de l'assemblée".


Pour Philippe Gosselin, député Les Républicains, "il n'est pas question d'accepter une mise en catimini de quelques signes, type médaille de baptême ou croix de David". Et d'affirmer : "Ça suffit ! Je crois qu'on a une forme de radicalisation. La laïcité ce n'est pas ça, et en réalité en voulant cadrer les choses, il me paraît que l'on met beaucoup de vent sur des braises déjà chaudes". 

J'avais pas noté qu'il y avait beaucoup de signes ostentatoires religieux mais on me dit que si, alors si c'est le cas très bien, il faut les interdireEric Coquerel, député France Insoumise

Du côté de Damien Abad, député Les Républicains : "En ce qui concerne les signes religieux, je suis pour une laïcité positive. La laïcité n’est pas la négation du fait religieux, c'est la reconnaissance du pluralisme des religions, ce n'est pas la même chose. Vous pouvez respecter ce pluralisme religieux, du moment qu'il n'ait pas un caractère ostentatoire". 


D'autres députés, comme Stéphane Le Foll (PS), ont jugé cette décision bonne : "Cet espace de débat, de discussion doit être séparé de tout signe religieux par définition, car c'est un espace public". Barbara Pompili (LREM) est du même avis. "D'une manière générale, quand on est député de la nation, on représente tout le monde, a assuré la parlementaire. Donc, quelque part le fait qu'on se place un peu au-dessus du lot, en tant que député, en disant qu'on représente tout le monde et que les signes religieux pourraient donner le sentiment à certains qu'ils sont moins représentés que d'autres. Je pense que ça s'entend". 

Eric Coquerel (FI) s'est dit "entièrement d'accord" avec cette mesure : "J'avais pas noté qu'il y avait beaucoup de signes ostentatoires religieux mais on me dit que si alors si c'est le cas très bien, il faut les interdire."

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