Attentat au marché de Noël de Berlin : la classe politique française entre "effroi", "solidarité" et "indignation"

Politique
SOLIDARITÉ - La classe politique française a unanimement réagi à l’attaque dont a été victime Berlin lundi soir en exprimant sa solidarité et sa compassion. Seul le FN a émis de vives critiques envers Angela Merkel en pointant la responsabilité de sa politique migratoire dans les événements.

Le président de la République a très vite exprimé sa "solidarité" et sa "compassion" à la chancelière Angela Merkel. Dans son communiqué publié lundi soir, il déclare que "les Français partagent le deuil des Allemands face à cette tragédie qui frappe toute l'Europe". Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a lui aussi réagi, en français et en allemand. 

Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone a publié un communiqué dans lequel il écrit : "Une fois encore, dans une ville européenne, un lieu de joie animé par des familles et des enfants a été brutalement endeuillé. J'ai une pensée émue et solidaire pour les blessés, qui souffrent en ce moment. L'Allemagne, comme la France à Paris ou à Nice, ne faiblira pas devant les tortionnaires."

Par communiqué, la maire de Paris Anne Hidalgo a assuré les Allemands "de la complète solidarité des Parisiens, très attachés à l'amitié franco-allemande". "A Berlin, cette ville qui a tant combattu pour recouvrer sa liberté et son unité, ce sont une fois encore nos valeurs fondamentales qui ont été visées : notre humanisme, notre tolérance, notre attachement inébranlable au vivre-ensemble et à la démocratie." 

"L'Europe est en deuil", a estimé le PS dans un communiqué. "Le Parti socialiste exprime son effroi et sa solidarité avec les Berlinois et le peuple allemand. Il adresse ses sincères condoléances aux familles touchées. L’Europe est de nouveau touchée par le terrorisme. L’Europe est plus que jamais nécessaire pour répondre à la menace terroriste." L'ancien Premier ministre Manuel Valls ainsi que les autres candidats à la primaire de la gauche ont eux aussi réagi sur Twitter.

Beaucoup d'hommes et femmes politiques ont ainsi exprimé leur solidarité, leur compassion, leur douleur dans des tweets publiés en langue allemande, à l'instar du Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, du secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger Matthias Fekl, ou encore du candidat à la présidentielle Emmanuel Macron. 

A droite, le secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer a dit partager son deuil avec les Berlinois et pense que "ce drame nous rappelle la nécessité de renforcer, encore et encore, l'exigence de sécurité et la coopération européenne en matière de lutte anti-terroriste". Le candidat à la présidentielle François Fillon a exprimé sa "solidarité" sur Twitter, usant du hashtag #IchBinEinBerliner. 

Le président du Sénat Gérard Larcher a déclaré sur franceinfo : "Les marchés de Noël, notamment en Alsace et en Allemagne et en Europe du nord, c'est un symbole aussi d'une culture. La lutte contre le terrorisme on le voit bien est loin d'être achevée (...), cette lutte il va falloir la traduire par autre chose que l'état d'urgence.

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Alain Juppé, discret et silencieux depuis sa défaite à la primaire de la droite et du centre, est sorti de sa réserve en tweetant qu'il partageait "le deuil et l'indignation du peuple allemand". Ce mardi matin, il a posté une photo de Bordeaux avec les drapeaux français, allemand et européen en berne. Nicolas Sarkozy, autre candidat malheureux à la primaire, n'a lui fait aucune déclaration.

Du côté du Front national, on dénonce la politique migratoire européenne et l'ouverture des frontières. Dans un communiqué, Marine Le Pen a fait part de son "indignation" très forte. "Combien faudra-t-il de massacres et de morts pour que nos gouvernements cessent de faire entrer dans nos pays dépourvus de frontières un nombre considérable de migrants, alors qu'on sait parfaitement que des terroristes islamistes s'y mêlent ? Je demande le rétablissement immédiat de nos frontières nationales et l'arrêt tout aussi immédiat de la répartition des migrants dans nos communes", a écrit la présidente du FN. 

La députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen a encore plus directement tenu la chancelière allemande Angela Merkel pour responsable de l'attaque. Plus globalement, elle demande aux "dirigeants inconscients" de stopper leur politique migratoire actuelle.

Sur LCI, le vice-président du FN Florian Philippot a parlé d'une "attaque terrible" et exprimé sa "compassion avec le peuple allemand". Cela "nous rappelle à quel point nous sommes vulnérables et à quel point nos pays n’ont pas pris la mesure de la menace qui pèse sur eux. Maintenant il est bien d’être dans l’émotion mais surtout d’agir, vite et fort." Lui aussi s'en est pris à Angela Merkel. "L’Allemagne a été bouleversée par la politique migratoire irresponsable de madame Merkel qui a fait venir en très peu de temps un million de migrants dans le pays" a-t-il dit, alors qu'on ne sait pas encore si l'auteur des faits est un migrant. 

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