Attentat de Nice : "Cette guerre va être longue, nous allons être frappés régulièrement", prévient Valls

Attentat de Nice : "Cette guerre va être longue, nous allons être frappés régulièrement", prévient Valls

L'INTERVIEW DE LA MATINALE - Invité de LCI ce vendredi, l'ancien Premier ministre Manuel Valls a rappelé que "beaucoup a été fait" pour lutter contre le terrorisme, mais a mis en garde face "aux plusieurs milliers de personnes radicalisées dans notre pays".

Au lendemain de l'attentat qui a coûté la vie à trois personnes à Nice, l'ancien Premier ministre et ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, s'est dit "sous le choc". "C'est un attentat de plus", dans une ville "déjà durement frappée, dans une église, nous voyons bien le symbole", déclare-t-il sur LCI. "On vise tout simplement la terreur et semer un peu plus la division. Nous sommes en guerre contre le terrorisme, contre l'islamisme, contre l'islam politique."

"Les terroristes visent la France car nous transmettons des valeurs universelles, nous sommes le pays de la laïcité, c'est-à-dire de la tolérance", poursuit l'ancien candidat à la présidentielle. "Ils visent une démocratie, un État de droit, parce que nous ne voulons pas qu'une religion, une idéologie a fortiori, domine les lois de la République."

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"Vivre avec la menace extérieure et intérieure"

Comme lorsqu'il était à Matignon, Manuel Valls a rappelé qu'il faudrait du temps pour en venir à bout. "Cette guerre va être longue, nous allons être frappés régulièrement", prévient-il. "En 2015, devant de jeunes lycéens, je me rappelle avoir dit que leur génération allait probablement vivre avec la menace extérieure, parce que l'État islamique se reconstitue en Libye sous parapluie turc", se souvient-il. "Et parce qu'il y a plusieurs milliers de personnes radicalisées dans notre pays", il va également falloir vivre "avec cette menace intérieure : les sorties de prison, les individus qui se radicalisent dans nos quartiers ou sur internet. Il faut donc être fort et comprendre, avec lucidité, que cette guerre va être longue."

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Pour la mener, certains responsables politiques, à l'instar de Marine Le Pen, demandent une "législation de guerre". "Beaucoup a été fait" pour lutter contre le terrorisme, rappelle Manuel Valls. "Nombre de lois antiterroristes ont été votées, les cours d'assises spéciales ont été créées, le renseignement a été réformé...", énumère-t-il. "Nous avons déjà une législation très puissante. S'il faut faire évoluer des aspects, comme la rétention de sûreté afin qu'elle soit plus efficace, ou mieux expulser les étrangers qui nous attaquent, alors il faut le faire. Mais sereinement, avec méthode, dans l'unité."

"Une partie de la gauche a été naïve, une autre irresponsable"

Interrogé par Jean-Michel Aphatie sur la question des frontières, alors que le terroriste de Nice est arrivé de Tunisie via Lampedusa, en Italie, puis en France, Manuel Valls s'est opposé à une sortie de la France de l'espace Schengen. "La question migratoire est essentielle", répond l'ancien Premier ministre. "Mais il faut rappeler tous les États européens à leur responsabilité. Tous les mécanismes de contrôle de nos frontières que nous demandons n'ont pas toujours été suffisamment mis en œuvre. Je comprends ce questionnement, il appartient à la France d'être particulièrement ferme."

Enfin, Manuel Valls se défend de toute naïveté dans la lutte contre le terrorisme depuis le début de son parcours politique. "Mon long parcours en banlieue, à Argenteuil puis à Évry, m'a prémuni", explique-t-il. "Je me rappelle quand, en 2003, je me suis élevé contre le fait qu'un supermarché dans un quartier populaire ne voulait vendre que du halal. J'ai vécu la montée du communautarisme, de l'islam politique." Sur ce sujet, "beaucoup d'élus ont cédé", fustige l'ancien Premier ministre. "La gauche a été, pour une partie d'entre elle, naïve, et pour une autre, irresponsable."

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