Au Vatican, François Hollande a témoigné sa gratitude au pape François

Politique
RENCONTRE - Le président de la République a rencontré pour la deuxième fois le pape François mercredi au Vatican. Lors de cet entretien, le pape a réaffirmé son soutien et son affection à l'égard de la France après l'attentat de Nice et le drame de Saint-Etienne-du-Rouvray.

Ils s'étaient vus une première fois en 2014. Mercredi au Vatican, le président François Hollande a de nouveau rencontré le pape afin de lui exprimer la "gratitude" du peuple français pour ses "paroles très réconfortantes" après l'assassinat en France d'un prêtre dans une église par deux jihadistes.

Le pape François avait adressé des messages de soutien à la France à la suite de ce meurtre à Saint-Etienne-du-Rouvray en Normandie, le 26 juillet, et de l'attentat très meurtrier (85 morts) à Nice le 14 juillet, jour de la fête nationale.

Recueillement dans une chapelle

"Lors de ce long entretien chaleureux, le pape a réaffirmé son soutien et son affection à l'égard de la France -comme il l'avait fait au téléphone le 26 juillet et dans ses différentes interventions après les attentats", a-t-on dit dans l'entourage de François Hollande. "L'importance des valeurs de dialogue et de cohésion, partagées par la France et le Vatican, a également été soulignée", a-t-on ajouté de même source.

En chemin vers le Vatican, le chef de l'Etat français, accompagné du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, a fait halte dans le coeur de la capitale italienne à l'église de Saint-Louis des Français, bâtie par les rois de France et toujours administrée par la France. Il est allé se recueillir quelques instants dans une chapelle dédiée aux victimes du terrorisme, non loin des Caravage qui font la célébrité de cette église baroque.

L'audience privée au Vatican avait été annoncée lundi, au moment où les catholiques célébraient l'Assomption. Au sanctuaire de Lourdes (sud-ouest de la France), le traditionnel pèlerinage du 15 août avait été placé sous très haute sécurité en raison de la menace terroriste.

Le 26 juillet, quelques heures après l'assassinat du père Jacques Hamel, le président socialiste avait appelé au téléphone le pape pour lui promettre que "tout sera(it) fait" pour protéger les églises.

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"Protéger les cultes"

Lorsqu'une "église est touchée, un prêtre est assassiné, c'est la République (française) qui est profanée", a réaffirmé mercredi François Hollande. La laïcité à la française, parfois mal comprise à l'étranger et au Vatican en particulier, est aussi là pour "protéger les cultes", a-t-il insisté. "Ce message de la laïcité n'est pas un message qui peut blesser, mais un message qui peut réunir et rassembler", a ajouté le président français.

Le lendemain de l'attentat, François Hollande, qui se dit lui-même athée, s'était rendu à la cathédrale Notre-Dame de Paris pour assister à une messe solennelle en hommage au père Hamel.

Les autorités françaises ont su gré aux responsables religieux d'avoir tout fait, notamment par des manifestations de fraternité dans des églises ou des mosquées, pour apaiser les tensions inter-religieuses dans un pays marqué par des siècles de catholicisme et qui compte plusieurs millions de musulmans.

Porcelaine de Sèvres et sculpture de bronze

L'entretien entre François Hollande et le pape a pris fin vers 17h30 (15h30). Le président français lui a offert une porcelaine de Sèvres portant les armes de la République française, a précisé un communiqué du Vatican.

Le pape François a de son côté fait cadeau au chef de l'Etat d'une sculpture de bronze, oeuvre de l'artiste Daniela Fusco, qui se veut la représentation de la prophétie d'Isaïe, "Le désert deviendra jardin", selon ce communiqué.

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