"Au voleur, mon FN !" : échanges théâtraux à l'audience sur la suspension de Jean-Marie Le Pen

"Au voleur, mon FN !" : échanges théâtraux à l'audience sur la suspension de Jean-Marie Le Pen

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FRONT NATIONAL – Jean-Marie Le Pen a contesté vendredi sa suspension du FN devant le Tribunal de grande instance de Nanterre. Après plus de deux heures d'intenses débats, la décision a été renvoyée au 2 juillet.

Jean-Marie Le Pen, les yeux parfois clos, est resté impassible durant toute l'audience. Mais l'examen de sa demande d'annulation de sa suspension du FN , vendredi matin, aura suscité une vive agitation. Le "Menhir", bientôt 87 ans, était arrivé au tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) sans faire de commentaires, encadré par des policiers et son service d'ordre, dans un climat électrique marqué par de violentes bousculades (une journaliste de l'AFPTV a même été interpellée lors de ces incidents). Dès l'ouverture de l'audience, la présidente a d'ailleurs appelé au calme, visiblement agacée par le brouhaha à l'entrée et de premiers échanges très vifs entre les parties. Les avocats des deux parties se sont ensuite chargés de pimenter ce nouvel épisode du feuilleton politico-familial.

Tontons Flingueurs contre l'Avare de Molière

Début mai, le bureau exécutif du FN avait suspendu Jean-Marie Le Pen de sa qualité d'adhérent en représailles à un nouveau dérapage sur les chambres à gaz et à une interview choc à l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol, dans laquelle il réhabilitait notamment le maréchal Pétain. Une sanction accompagnée de la perte de son statut de président d'honneur, qui doit être entérinée par les militants lors d'un congrès extraordinaire convoqué pour juillet. L'avocat de Jean-Marie le Pen, tentant de démontrer que le bureau exécutif qui a suspendu son client n'en avait pas la compétence, a fait valoir qu'il s'agissait là d'un "long étouffement qui se produit depuis plus d'un mois pour le priver de toute représentativité" avant le congrès. Et de citer les Tontons Flingueurs : la politique, "c'est du brutal !".

L'avocat du FN, lui, a opté pour une parodie de l'Avare de Molière : "Au voleur ! Ma cassette ! Rendez-moi mon FN à moi !", s'est exclamé Frédéric-Pierre Vos, rappelant que Jean-Marie Le Pen ne s'est pas présenté au bureau exécutif qui l'a suspendu, et ne peut donc en contester la décision. "J'aimerais presque qualifier le FN de Front déloyal", a ensuite rétorqué le conseil du patriarche.

Le Pen entre en scène à la sortie de l'audience

Alors que le tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) a renvoyé sa décision au 2 juillet, Jean-Marie Le Pen, lui, est entré en scène à la sortie de l'audience. "Il n'y a strictement aucune garantie de démocratie dans le fonctionnement interne du Front national, c'est ce qui m'a amené à faire appel à l'arbitrage de la justice", a déclaré le cofondateur du FN. "Si dans un parti politique on n'a pas la possibilité de faire des déclarations à la presse ou des interviews, eh bien il n'y a plus de démocratie intérieure", a-t-il poursuivi, avant d'étriller "l'influence exceptionnelle" du vice-président du FN, Florian Philippot, et de dénoncer un "virage politique, à gauche semble-t-il" du parti.

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Au-même moment débutait non loin de là, à huis clos cette fois-ci, un autre acte de cette tragi-comédie : les instances dirigeantes du parti d'extrême droite se sont réunies au siège de Nanterre pour évoquer la suppression du titre de président d'honneur de Jean-Marie le Pen. Ce bureau politique devrait s'achever en fin d'après-midi.

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