Aucun enfant confié à des couples gays au Conseil des Familles de Paris en 6 ans, dénonce une élue

Politique

ADOPTION - Le Conseil des Familles est chargé de confier des enfants nés sous secret à des couples qui ont fait des demandes d'adoption. Mais selon la conseillère de Paris Léa Filoche (Génération.s), un seul couple homosexuel a pu adopter en enfant ces six dernières années. Pour dénoncer ces "décisions rétrogrades", elle a décidé de démissionner.

"Je ne souhaite plus cautionner, au nom de la Ville de Paris, ces décisions rétrogrades, prises par des personnes tenantes de l’orthodoxie familiale, déconnectées de la réalité de notre ville et de notre société, au détriment de l’intérêt de l’enfant." Léa Filoche, conseillère de Paris sous l'étiquette Génération.s, a décidé de démissionner du Conseil des Familles, conseil sous tutelle de l’Etat composé de représentants du Conseil de Paris, d’associations familiales, d’associations d’assistantes maternelles et de personnalités qualifiées. Elle y siégeait depuis six ans.

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Dans un communiqué rédigé vendredi 8 novembre, le mouvement explique qu'au sein de ce Conseil, "l'égalité de traitement entre les différents candidats à l’adoption" ne serait pas respectée. "Un Conseil de famille parisien s’est tenu ce mercredi 6 novembre 2019, comme tous les mois, et comme tous les mois depuis près de 6 ans aucun enfant n’a été confié à un couple de même sexe. Depuis l’adoption de la loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage et d’adoption aux couples de même sexe, un seul couple a pu adopter un(e) petit(e) parisien(ne) né(e) sous secret, et aucun candidat célibataire" peut-on lire dans le texte publié sur Twitter.

30 nourrissons adoptés chaque année

"A ce jour, les dossiers les plus anciens dans les dates de demande d’agrément des adoptants sont en grande majorité des couples homosexuels. Pourtant, aucun de ces couples ne s’est vu confier un enfant à l’adoption depuis le début du mandat" regrettent les élus de Génération.s. 

"Les choix des membres des Conseils de Famille de Paris depuis 2014 ne considèrent l’intérêt suprême de l’enfant que par l’adoption d’un couple hétérosexuel. (…) La majorité des membres du Conseil de Famille considère que leur vision de la famille ne peut être représentée par l’adoption d’un enfant par un couple homosexuel" continue le communiqué, qui précise que chaque année, 30 nourrissons sont adoptés via les Conseils de Famille de Paris.

Le service d'adoption de Seine-Maritime déjà épinglé

En juin 2018, la responsable du service adoption de Seine-Maritime avait été relevée de ses fonctions après avoir affirmé que les couples homosexuels devaient se voir plutôt confier des "enfants atypiques". Dans un entretien accordé à France Bleu Normandie, Pascale Lemare avait estimé qu'un couple homosexuel correspondait moins aux critères requis pour l'adoption d'un bébé en bonne santé qu'un couple hétérosexuel. "Eux-mêmes [les couples homosexuels] sont un peu atypiques par rapport à la norme sociale mais aussi la norme biologique [donc il faut que] leur projet supporte des profils d'enfants atypiques", avait-elle dit.

Suite à cette affaire, le secrétaire d'Etat chargé de la Protection de l'enfance Aurélien Taquet s'était emparé du sujet, et a fait publier en juillet dernier une "Charte de déontologie des membres du conseil de famille des pupilles de l’État". En son article 4, elle précise qu’ils "exercent leur mission dans le respect des principes d’égalité et de non-discrimination dans toutes les décisions et délibérations concernant les pupilles".

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