Audition du Pr Raoult : Eric Ciotti déplore "la violence qui oppose certains scientifiques"

Audition du Pr Raoult : Eric Ciotti déplore "la violence qui oppose certains scientifiques"
Politique

INTERVIEW - Invité politique d'Elizabeth Martichoux jeudi 25 juin, le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, rapporteur de la commission d'enquête sur la crise sanitaire, livre ses impressions au lendemain de l’audition du Pr Raoult à l'Assemblée Nationale.

Il fait partie de ceux qui ont entendu et interrogé la star de l'infectiologie. Très critique de l’action de l’Etat face à l’épidémie de Covid-19, le député Les Républicains Eric Ciotti s'avère être le rapporteur général de la commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la crise, installée à l’Assemblée nationale. Il a donc soumis ce mercredi le professeur Raoult à la question. 

"Vous êtes haï ou adulé" lui a-t-il asséné d'emblée, tout en lui demandant si la passion autour de lui n'avait pas "affecté sa sérénité" : "Ce que je déplore - et ce n'est pas à l'encontre du Pr Raoult - c'est la violence de ce débat qui a parfois pris une tournure politique et qui a opposé certains scientifiques" précise ce jeudi Ciotti. "On est dans un pays traumatisé, il y a 30.000 morts, notre économie est effondrée (12% de perte de richesse) et on voit ceux auxquels les Français portent leur confiance et leurs espérances - celles du vaccin, de la guérison, du soin - s'entre-déchirer, c'est un peu incompréhensible. Avec des éléments d'appréciation où chacun se renvoie des arguments, avec ses certitudes alors que seul le temps sera juge". 

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Pas un débat politique, selon Ciotti

L'audition du Pr Raoult à l'Assemblée a duré trois heures. Qu'en retenir ? Eric Ciotti porte au pinacle tout ce qu'il a mis en oeuvre à Marseille : "Il a eu des réactifs et des consommables plus tôt, il a eu cette stratégie de tests massifs, il faisait un quart des tests nationaux. Il a su gérer par l'IHU de Marseille. Il nous a dit hier qu'il faudrait au moins 7 instituts de cette nature sur tout le territoire, pour faire face à une pandémie. C'est une proposition très pertinente qu'on reprendra dans les préconisations. On est là hors de tout champ polémique". 

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Reste que le Pr Raoult n'a pas testé l'hydroxychloroquine vantée comme solution miracle "en double aveugle", comme on teste tous les médicaments  : "Il est médecin, il vaut sauver des vies, il a utilisé un traitement pour lequel il avait la conviction" explique Ciotti. "Cette question lui a été posée mercredi, il a ses explications. Moi je n'ai pas pris parti dans ce débat car ce n'est pas un débat politique. La politique sanitaire n'est ni de droite ni de gauche, elle doit être efficace, c'est tout". 

Face à la commission, le Professeur Raoult a par ailleurs affirmé que "les conflits d'intérêts expliquent en partie la gestion de cette crise...". "Une accusation très grave", selon Eric Ciotti : "Ce soupçon qui pèse sur nos institutions n'est pas acceptable".

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Le "temps de la vérité", "utile pour progresser"

Selon Eric Ciotti, cette commission d'enquête parlementaire va "ouvrir le temps de la vérité" après "le temps de la communication officielle" : "Sur les masques, la vérité n'a pas été dite. On nous a dit 'Faut pas porter le masque' parce que ce n'est pas utile voire dangeureux. La vérité, c'est qu'on n'en avait pas (...) Sur les tests, c'est encore plus grave. On nous a dit au départ qu'ils étaient réservés aux personnes malades : c'était une faute. Il faut évaluer pourquoi on n'avait pas ces tests au début. Et on ne les avait pas parce qu'il y avait des blocages bureaucratiques et administratifs qui nous ont fait perdre beaucoup de temps". 

Le député LR précise : "Il a fallu des autorisations et, cela a été dit mercredi par le Professeur Raoult mais aussi par d'autres, on n'a pas autorisé les laboratoires vétérinaires à agir, il y a des laboratoires publics qui ont été privés d'action, et il y a eu les laboratoires privés qui ont mis beaucoup de temps à être mobilisés. Il y a du retard que nous évaluerons." La nécessité selon lui de faire toute la lumière et de mettre en exergue une "vérité" qu'il juge "utile pour progresser, non pas pour faire un procès politique ou judiciaire", insiste-t-il.

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Dans une interview accordée au Monde ce jeudi, Olivier Véran assure que le système hospitalier est armé pour affronter une deuxième vague à l'automne. Eric Ciotti n'en est pas "totalement persuadé" : "On a commencé les travaux de la commission d'enquête il y a une semaine. On a auditionné les directeurs généraux de la Santé qui se sont succédé depuis 2005, certains ont une vision critique (...) Il faudra être prêt pour l'automne, c'est tout l’objectif de la commission d'enquête".

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