Avec la démission de Jean-Paul Delevoye, le gouvernement enregistre son seizième départ en 30 mois

Avec la démission de Jean-Paul Delevoye, le gouvernement enregistre son seizième départ en 30 mois
Politique

REMANIEMENT - Jean-Paul Delevoye est le 16e membre du gouvernement d'Edouard Philippe à démissionner depuis juin 2017. Le Haut-commissaire aux retraites suit François de Rugy, également poussé vers la sortie en juillet dernier.

C'est l'un des palmarès du quinquennat. Le gouvernement formé par Edouard Philippe est l'un de ceux qui ont vu le plus de ministres quitter leurs fonctions, tous motifs confondus, de la mise en cause sur fond d'enquêtes préliminaires au choix personnel, en passant par les motivations électorales. 

Avec la démission, lundi, du Haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye, critiqué pour n'avoir pas déclaré une dizaine de mandats à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), l'exécutif enregistre à ce jour son seizième départ en trente mois. Une démission que Jean-Paul Delevoye "a décidé seul", assurait lundi Matignon à LCI - un élément de langage souvent utilisé au cours des mois écoulés pour les précédents démissionnaires. 

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Le précédent François de Rugy

Le 16 juillet dernier, c'est le ministre à la Transition écologique François de Rugy qui décidait - "seul" lui aussi - de quitter le gouvernement pour faire face aux accusations liées au train de vie de l'ancien président de l'Assemblée nationale. "Les attaques et le lynchage médiatique dont ma famille fait l'objet me conduisent aujourd'hui à prendre le recul nécessaire", indiquait-il dans un communiqué. "La mobilisation nécessaire pour me défendre fait que je ne suis pas en mesure d'assumer sereinement et efficacement la mission que m'ont confiée le président de la République et le Premier ministre."

D'abord bien décidé à conserver sa mission ministérielle, François de Rugy n'avait pas pu résister à une série d'articles publiés par Mediapart et relatifs notamment aux frais de bouche engagés lors de dîners officiels au Palais Bourbon. Celui qui est depuis redevenu député a par la suite exprimé ses regrets, assurant avoir été contraint de quitter le gouvernement pour des motifs qui ne le justifiaient pas. 

Des départs aux motifs variés

Au début du quinquennat, le premier ministre à quitter le gouvernement fut Richard Ferrand, l'un des plus proches d'Emmanuel Macron, contraint de partir dès le mois de juin 2017 après sa mise en cause dans l'affaire dite des Mutuelles de Bretagne. 

L'affaire des emplois du Modem au Parlement européen avait ensuite eu raison de trois personnalités, François Bayrou (Justice), Sylvie Goulard (Armées) et Marielle de Sarnez (Affaires européennes), éphémères ministres d'Emmanuel Macron, tous trois mis en examen récemment dans ce dossier. 

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Fin août 2018, le coup de tonnerre était venu du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, qui avait décidé de quitter le gouvernement avec pertes et fracas sur fond de désaccord avec la stratégie environnementale du gouvernement. Un coup dur pour Emmanuel Macron, qui avait voulu faire de la présence de l'écologiste médiatique un marqueur de sa politique en matière de lutte contre le réchauffement climatique. 

Quelques jours plus tard, en septembre 2018, la ministre des Sports Laura Flessel annonçait à son tour son départ, invoquant des "raisons personnelles". Plusieurs médias ont indiqué par la suite qu'un "manquement déclaratif" en matière fiscale aurait été la vraie raison de sa démission du gouvernement. 

En octobre 2018, un autre soutien de poids d'Emmanuel Macron annonçait à son tour qu'il quittait le navire. Gérard Collomb a quitté le ministère de l'Intérieur, après plusieurs mois marqués par les révélations autour de l'affaire Benalla, pour rejoindre sa ville de Lyon où il entend briguer un nouveau mandat. Ce départ avait pris de court l'exécutif, contraint de se donner du temps pour annoncer le successeur à la place Beauvau, en la personne de Christophe Castaner. 

Ce remaniement a également entraîné le départ de Jacques Mézard (Cohésion des territoires), qui s'était montré hostile à la réduction de la vitesse à 80 km/h sur les routes françaises, de Delphine Gény-Stephann (secrétaire d'Etat à l'Économie), de Françoise Nyssen (Culture), mise en cause dans une affaire de travaux au sein de sa maison d'édition, et du ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert. 

Enfin, en mars 2019, trois ministres avaient à leur tour démissionné, cette fois pour des raisons électorales : Mounir Mahjoubi (Numérique), qui espérait se présenter à la mairie de Paris, Benjamin Griveaux (porte-parole), investi dans la course aux municipales dans la capitale, et Nathalie Loiseau (Affaires européennes), tête de liste aux élections européennes de 2019. 

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